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Dites-nous comment survivre à notre condition

08 Mar - 25 Mai 2019
Vernissage le 07 Mar 2019

L’exposition « Dites-nous comment survivre à notre condition » au Bleu du ciel, à Lyon, dévoile plusieurs séries photographiques de Caroline Bach consacrées au monde industriel : ses acteurs, dirigeants et ouvriers, son cadre architectural, son évolution, ses ambivalences...

L’exposition « Dites-nous comment survivre à notre condition » au Bleu du ciel, à Lyon, présente des photographies de Caroline Bach qui documentent le monde industriel d’aujourd’hui. A travers quatre séries, réalisées sur les sites de nombreuses usines qui furent le théâtre de conflits et de faillites et à Bataville, vaste ensemble économique situé en Moselle, elle fixe les images d’un monde industriel qui disparaît, analyse les ambivalences qui sont à l’oeuvre en son sein, et donne à voir, en creux, les combats humains, individuels et collectifs, qui l’animent. L’exposition s’articule avec celle de Patrick Weidmann, « Produit intérieur brut », qui porte quant à elle sur l’autre extrémité du monde industriel : le devenir des produits qu’il génère.

« Dites-nous comment survivre à notre condition » : photos de Caroline Bach

Les séries photographiques de Caroline Bach s’inscrivent dans le un vaste projet intitulé Le Cycle du travail qu’elle a entamé en 2005. Cette entreprise photographique consacrée au monde industriel explore une ambivalence qui habite l’ensemble de la société mais qui s’exprime particulièrement dans le domaine du travail caractérisé à la fois par une certaine solidarité, la notion d’équipe et une forme de prospérité, et par l’aliénation, la souffrance physique, la répétitivité des gestes et finalement, la fermeture des usines, le chômage et le délitement de territoires.

Caroline Bach photographie le monde du travail

Pour la série intitulée Dites-nous comment survivre à notre condition, commencée en 2009, Caroline Bach est revenue sur des sites industriels où ont eu lieu des grèves. Renouvelant le genre du paysage, ces clichés révèlent la mémoire inscrite dans ces lieux, les traces, parfois presque invisibles des confrontations sociales qui s’y sont déroulées. Les séries Fralib Géménos vivra (2013-2014) et A Géménos poursuivent cette exploration en se concentrant sur l’usine Fralib qui fut occupée par plusieurs de ses salariés, suite à sa fermeture annoncée, jusqu’à leur victoire sous la forme d’un projet de coopérative qui leur a permis de reprendre l’activité.

De Bataville à Fralib, le délitement de l’industrie

La série 13h42 à Bataville revient quant à elle sur le site mosellan de Bataville, un complexe industriel construit à partir de 1931par l’entrepreneur tchèque Tomáš Baťa, fondateur du groupe Bata, premier producteur mondial de chaussures. Regroupant lieux de travail et lieux de vie, à la fois usine et cité ouvrière, Bataville incarne une conception du travail, aujourd’hui obsolète dont Caroline Bach éclaire encore une fois l’ambivalence : si le lieu, offrant aux ouvriers presque toutes les commodités nécessaires à sa vie quotidienne, de son logement aux écoles, boutiques, terrains de sport, et même église, semble destiné à leur offrir confort et paix, il permet surtout de les surveiller et de les rendre entièrement disponibles.