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C_Lux

PPhilippe Coubetergues
@12 Jan 2008

Une œuvre photographique: réflexion sur la lumière qui colorie, qui sculpte, qui alourdit, évapore, et dissout les objets.

La galerie Édouard Manet de Gennevilliers expose actuellement le travail d’une photographe contemporaine : Clarisse Doussot. Dans le grand espace de la galerie plusieurs séries se répondent les unes aux autres. Les tirages sont de formats variés. On trouve des polaroïds, des impressions jet d’encre et des tirages argentiques.

L’œuvre de Clarisse Doussot est d’une très grande précision. Indéniablement l’artiste a du métier. Les prises de vue sont faites en studio ou à l’extérieur.

D’un côté une série d’emballages transparents ou en polystyrène, sous des éclairages colorés, en positif ou en négatif (série des tirages contrecollés sur aluminium). Les volumes flottent dans l’espace lumineux. L’échelle est incertaine. Les masses s’affirment ou se fluidifient. De trois fois rien, un objet de rebus, un emballage usagé, l’artiste tire un vaisseau spatial, une architecture futuriste.

Plus loin une autre série : des cartons d’emballage repliés, empaquetés, déposés sur le trottoir. Ici encore le point de vue métamorphose l’objet mais, cette fois, sans recours à aucun artifice lumineux. Ils sont là tels qu’on les croise quotidiennement, mais centrés dans la composition de l’image, affirmant leur volumétrie orthogonale. Isolés quelque peu de leur contexte, ils imposent leur sculpturale architecture.

Ici, une autre série d’objets banals, photographiés sur fond noir (série de Polaroïds Sans titre de 2003). L’éclairage les re-matérialise, ils gagnent en préciosité, l’image photographique se fait écrin. Les formats font écho à ce point de vue d’orfèvre. Il se resserrent, se recentrent.

Là, deux autre images intitulées communément En attendant se présentent comme des images monochromatiques d’espaces urbains éclairés artificiellement. Les figures s’y font rares, anonymes. Dans une autre série, enfin, le corps s’affirme en gros plan mais toujours sans identité.

Point commun à ces images : une réflexion sur la lumière qui colorie, qui sculpte, qui alourdit, évapore, et dissout les objets. La qualité remarquable des tirages, la bonne mesure donnée à chaque image, chaque série, l’absence de toute démonstration, confère à ce travail une indépendance, une autonomie singulière.

Sans titre, 2003. Polaroïd. 9 x 12 cm.
Boîte standard, 2003. Photo contrecollée sur aluminium. 62 x 80 cm.
Fraises, 2002. Photo contrecollée sur aluminium. 62 x 80 cm.
Coffrage #01, 2002. Photo contrecollée sur aluminium. 48 x 58 cm.
Clotilde_131, Ultraviolet, 2002. Impression jet d’encre. 100 x 100 cm.
Benjamin_101 , Ultraviolet, 2002. Impression jet d’encre. 100 x 130 cm.
Benjamin_109 , Ultraviolet, 2002. Impression jet d’encre. 100 x 130 cm.
Crème hydratante #3, 2002. Photo contrecollée sur aluminium. 62 x 80 cm.
Arles, 2003. Photo. 24,5 x 32,7 cm.
Tours, 2003. Photo. 24,5 x 32,7 cm.
Tout venant_24, 2003. Photo. 48 cm x 58 cm.
Tout venant_31, 2003. Photo. 48 cm x 58 cm.
Tout venant_30, 2003. Photo. 48 cm x 58 cm.
En attendant, Aire d’autoroute, 2003. Photo.
En attendant, Gare de Massy, 2003. Photo.

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