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Brice Mathey

PMarguerite Pilven
@12 Jan 2008

Décorateur pour le théâtre et l’opéra, Brice Mathey développe également son sens du volume et de la mise en scène pour incarner, en d’étonnantes installations motorisées, des histoires fantaisistes tournant en dérision et avec poésie notre rapport à la nature et au monde.

Le thème de l’abri fonctionne comme un leitmotiv de son travail, qui prend au fil des installations la forme de forteresses, nids géants ou maisons troglodytes.
Une pièce récente, réalisée pour « Les Inattendus », fait ainsi voir une grotte en terre sculptée, sorte de cocon fœtal à l’intérieur duquel a été mise une poupée, elle même placée dans un enchevêtrement de cercles en aluminium décrivant un mouvement de rotation permanent. L’épaisseur des parois souligne la dimension protectrice de cette enveloppe de terre, la frontière entre l’intérieur et l’extérieur de l’œuvre.

La plupart des travaux de Mathey procèdent de cette dichotomie homme/nature que le choix des matériaux souligne. Les abris, les enveloppes extérieures sont toujours réalisés avec des matériaux naturels tandis que l’intérieur se compose essentiellement de materiaux industriels comme le plastique ou le verre. Le contraste est ainsi accentué entre l’intérieur et l’extérieur de l’œuvre, marquant le point de rupture de l’homme avec son milieu naturel.

Mais le propos de Mathey ne s’arrête pas là, qui laisse également entrevoir en ces enveloppes protectrices, en ces remparts technologiques lui permettant de poser une frontière avec la matière brute, les causes de sa solitude.
Les installations, toujours animées, sont soumises à la loi de la nécessité, au rythme d’un moteur qui tourne en rond. Prisonniers de la répétition, victimes de la mécanique, ces automates sont à la fois crispants et drôles. Ces facéties tragi-comiques s’amusent en fait de notre prétention à la maîtrise, cette autre forme déguisée de l’aliénation.