ART | EXPO

Bouge pour voir

02 Mar - 31 Mar 2016
Vernissage le 02 Mar 2016

Cinq artistes confrontent la diversité de leurs pratiques pour illustrer leur expérience du déplacement et leur rapport à l’autre. Catie de Balmann va à la rencontre d’habitants de HLM, Christine Crozat collectionne des chaussures du monde, quand Farida Le Suavé cherche à provoquer l'expérience de l'émotion chez le spectateur.

Cinq artistes, autant de pratiques qui malgré leurs différences d’approche, de support et de medium transmettent leur expérience du déplacement et leur rapport à l’autre.
Intercepter des fragments d’images, de sons, collecter, l’œuvre ne se fait qu’avec l’autre, soit il participe concrètement à une œuvre collective, soit il sert de modèle, observé (pour un dessin), capté (pour une vidéo), écouté (pour une prise de son), animé (pour une performance), entendu (car il est à la fois même et différent de moi, c’est là son intérêt).

L’autre est proche ou lointain, mais toujours appréhendé en tant qu’individualité, en tant que corps, source d’inspiration pour le travail d’une œuvre qui parlera de soi à tous et de tous à soi. Autant de moyens pour aller à sa rencontre: le déplacement en TGV, à pied, en avion, aller aux Etats-Unis, à Bruxelles, à Lyon, ou à Yvetot, le voyage ou la migration, la découverte de l’étranger. Autant de traces de cette rencontre: ce que l’on a fait ensemble, voir, toucher, entendre et rendre cela, le souvenir du souffle du corps en mouvement, la peau à son contact, les gestes, la voix, l’intention de l’artiste.

En décembre 2015, Catie de Balmann a habillé un HLM d’Yvetot, ornant de voiles de couleur les fenêtres de l’immeuble, en collaboration avec les habitants. Catie de Balmann explique sa démarche: «Le message c’est: regardez-nous. A cette époque de l’année sur un quartier comme ça c’est assez gris.» Christine Crozat, artiste franco-suisse, dit de son travail: «Dans certaines séries de dessin mes formes sont en vide et les vides sont en plein. […] Mes dessins s’ajustent en découpes et en superposition», afin de «redonner vie à un élément dans l’histoire de l’art, dans un article de journal, dans une émission de la radio…»

Marie-Noëlle Deverre aime intervenir là où l’art n’est pas attendu (vitrines de magasins, lieux de passage, jardins, paysages, etc.): alors s’opèrent certaines confusions qui permettent une confrontation plus spontanée avec le monde. Farida Le Suavé, quant à elle, «en cherchant la forme, […] cherche à capter des forces et à donner à [ses] sculptures l’énergie suffisante qui constitue leur présence.» Si «faire l’expérience de l’émotion» est un des buts recherchés, «la sculpture reste un artifice, produire sa présence est à chaque fois une histoire à suggérer, une aventure avec la matière, le temps et l’espace.»