ART | EXPO

Boucles d’or

04 Fév - 10 Fév 2008

Le Frac Basse-Normandie confronte le travail d’Hugues Reip, qui rend hommage aux pionniers du cinéma d’animation comme Norman Mc Laren ou Oskar Fischinger, et de Brigitte Zieger, qui emprunte au cinéma «archaïque» ses trucages et bricolages.

Hugues Reip & Brigitte Zieger
Boucles d’or

Aller à la rencontre des œuvres d’Hugues Reip, c’est s’aventurer dans un univers construit à partir de petits riens, de micros événements, de sujets infra minces extraits de la banalité.
Une nouvelle vision en est donnée par la mise en mouvement, l’allongement ou la réduction du temps, le changement d’échelle. Il s’installe dans le monde comme dans une galaxie qui grossit ou rétrécit au fil des milliards d’années ; il concentre alors cet univers dans quelques fractions de secondes d’un film ou durant le temps d’une exposition.

Hugues Reip nourrit d’abord un intérêt pour le dessin, le graphisme, la ligne et leur animation rejoignant ainsi le cinéma expérimental d’un Oskar Fischinger, d’un Stan Brackage ou d’un Norman Mc Laren auquel il rend hommage dans la vidéo Dots.
L’œuvre multiple de Hugues Reip compte de nombreux dispositifs de projection vidéographiques ou photographiques, des travaux recourant directement à la gravure sur film Rhodoïd, aux photogrammes de film ou à l’usage d’éclairages en poursuite ou à découpe qu’il situe dans l’héritage direct de ces réalisateurs pour qui il ne s’agit pas d’enregistrer le réel mais de créer  à partir d’expériences vécues.

Brigitte Zieger, influencée par l’histoire des pionniers du cinéma, emprunte à ces formes une conception «archaïque» de l’image en réalisant des trucages qui relèvent plus d’un bricolage astucieux que d’effets spéciaux propres au « cinéma grand spectacle ». En référence au film fantastique Mondwest (de Michael Crichton,1973), film aux nombreux effets spéciaux, où des robots sans morale et des humains se livrent bataille au quotidien, Brigitte Zieger, dans une vidéo du même titre, invente un nouveau personnage mi-humain mi-robot.
À l’aide d’un trucage très simple, il disparaît petit à petit dans l’indifférence complète à ce qui lui arrive. Forme humaine se consumant dans un nuage de fumée, il pourrait être une allusion aux menaces qui hantent nos cités. Malgré une musique de boîte de nuit et un voile vaporeux qui adoucissent le scénario, l’inquiétude gagne du terrain. Ce gentil monstre en train de se consumer lentement devient une métaphore d’un corps social en train de se détruire de l’intérieur sans révolte ni cris dans une ambiance doucereuse.

Programmation
Hugues Reip, Dots. 2004. Installation vidéo. 4’21 en boucle
Brizitte Zieger, Mondwest. 2003. Installation vidéo