ART | EXPO

Bons Baisers d’Hollywood

15 Nov - 21 Déc 2013
Vernissage le 15 Nov 2013

Brice Dellsperger reprend des séquences de films d’auteur ou grand public. L’effet de mémoire affecte immédiatement chaque scène, et le point commun de toutes les séquences, reprises de la série Body Double, repose le plus souvent sur l’interprétation de tous les personnages par un même acteur systématiquement transformé en actrice.

Brice Dellsperger
Bons Baisers d’Hollywood

Une exposition de Brice Dellsperger a cet effet paradoxal que, s’il n’est question que de répétition et de reprise, elle a l’effet grisant de la nouveauté.

Dans « Bons Baisers d’Hollywood », en autant de nouveaux numéros de la série culte Body Double, l’artiste reprend autant de séquences de films d’auteur ou grand public — autant de scènes déjà fantasmées et prêtant au fantasme.

L’effet de mémoire affecte immédiatement chaque scène, et le point commun de tous les Body Double repose le plus souvent sur l’interprétation de tous les personnages par un même acteur systématiquement transformé en actrice.

Les scènes rejouées sont par anticipation des mises en abîmes de son geste artistique: ambiguïté sexuelle du personnage principal (BD 27), présence du personnage principal et de sa doublure (BD 29), construction réflexive de la scène (BD 30), action résultant d’un montage de séquences (BD 28), à moins qu’il ne s’agisse d’images fixes que l’artiste réanime par le poids de légende qu’elles portent (BD 26).

Jouant, dans son geste de reprise, des effets vidéos de récursivité et retour, c’est à rien de moins que la multiplication infinie des formes du désir face à son objet que le spectateur assiste, et ce dans sa plus pure forme: une projection.