ART | EXPO

Boarding House

05 Jan - 23 Jan 2010
Vernissage le 05 Jan 2010

Entre tragédie et comédie, Roger Ballen met en forme un univers sombre proche de ceux dépeints par Samuel Beckett, Francis Bacon ou Jean Dubuffet. Les images de la série «Boarding House» sont intrigantes, mélancoliques et brutales. Elles nous conduisent aux frontières du réel et nous poussent sur le chemin de l’introspection.

Roger Ballen
Boarding House

Kamel Mennour présente «Boarding House», la troisième exposition personnelle du photographe Roger Ballen à la galerie. Il existe dans la périphérie de Johannesburg (Afrique du Sud), un entrepôt de trois étages construit au début du XIXe siècle pour l’exploitation des mines d’or ; un bâtiment aujourd’hui insalubre et surpeuplé, un micro-quartier dans lequel vit une population de travailleurs marqués par le destin, de criminels recherchés, de sorciers où pullulent rongeurs et insectes. Pauvre et inaccessible, «Boarding House» est le nom donné par l’artiste à ce lieu de résidence éphémère, à ce «refuge» obscur et mystique hanté par de vieux
démons.

Dans la bâtisse, des banquettes, des couvertures et des plaques de métal servent à délimiter les espaces de chacun. Des objets curieux et abîmés, des fragments de végétaux desséchés, des boîtes en carton éventrées, des porte-manteaux en fil de fer tordu jonchent les sols et les murs, et scandent les surfaces déjà bien marquées de graffitis naïfs et de dessins d’enfants expressifs.

En comparaison à d’autres séries plus anciennes de l’artiste, la figuration humaine semble ici s’abstraire. Seuls quelques fragments de corps surgissent des
compositions sculpturales et sophistiquées. Dépourvues de lignes de fuite, celles-ci affichent une véritable saturation de signes et symboles qui créent un
jeu complexe de métaphores.

Roger Ballen déploie en effet au sein de formats carrés un ensemble de résonances et d’interdépendances entre les objets, une juxtaposition de plans et de strates qu’il manipule, réordonne et ré-agence en vue de révéler notre face cachée, de souligner notre potentiel d’animalité. Les images de la série «Boarding House» sont intrigantes, mélancoliques et brutales. Elles nous conduisent aux frontières du réel et nous poussent sur le chemin de l’introspection.

Entre tragédie et comédie, Roger Ballen met en forme un univers sombre proche de ceux dépeints par Samuel Beckett, Antonin Artaud, Francis Bacon et Jean Dubuffet. La série «Boarding House» a fait récemment l’objet d’un ouvrage aux éditions Phaïdon.

Vernissage

Mardi 5 janvier 2010. 19h-21h30.

critique

Boarding House