DANSE | SPECTACLE

Bit

07 Fév - 11 Fév 2017

Le Théâtre du Rond-Point présente Bit de Maguy Marin. Spectacle évoquant la mort, et la violence du groupe à l’égard de l'individu, Bit se développe sur un rythme enlevé pour montrer en une série de tableaux ce dont l'homme est capable quand se défait le lien d'humanité.

Pièce créée en 2014, Bit est aujourd’hui reprise au Théâtre du Rond-Point. Après avoir pris pour thème dans Nocturnes (2012) la lenteur, Maguy Marin et sa troupe de danseurs explorent un autre type de rythme, celui qu’indique clairement le titre même de son spectacle : le rythme saccadé et pulsionnel du corps.

Bit : une nécessaire continuité

Contrairement à ses créations antérieures telles Umwelt et Nocturnes, Maguy Marin a construit Bit, non pas selon le schéma d’un ensemble de séquences minutieusement organisé, mais la volonté d’assurer une véritable continuité. Celle-ci se laisse en effet apercevoir tout à la fois dans le mouvement, et l’organisation même du groupe de danseurs, dont chacun se tient le plus souvent par la main.

Bit ou la pulsion de la communauté

Avec Bit, Maguy Marin met en avant une forme de danse ancestrale, la ronde. Qu’on l’appelle farandole, sardane ou sirtaki en Europe du sud, cette pratique décrit la condition de l’individu vivant à l’état de communauté constituée. La ronde, si souvent présente au cours du spectacle, permet de mettre en scène l’unité réelle ou symbolique du groupe ainsi que ses difficultés à maintenir cette dernière.

Sur le plateau, un dispositif scénique particulier doit contribuer à rendre concrète l’évolution de ce groupe. Six panneaux de bois inclinés et disposés en arc de cercle vont permettre aux interprètes d’adopter toutes les postures possibles sur un rythme de plus en plus enlevé.

Sortant de la pénombre, on peut ainsi voir au début du spectacle le groupe de danseurs uni, se tenant par la main, qui avance sur les plans inclinés et forme un ronde alors que l’on entend des bruits de chocs, de bombes et de missiles. A l’épreuve des circonstances, représentées par l’inclinaison croissante des panneaux de bois, le groupe tente de résister, de ne pas se déliter, puis se défait et se forme à nouveau, alors que leurs mouvements sont accompagnés par la musique électronique de Charlie Aubry dont le rythme propre suggère l’unité binaire élémentaire du langage informatique. Danger, crainte, haine, espoir, joie, sont ainsi inlassablement exprimés.