« Natural / Digital »
Biche de Bere Gallery
L’événement
Communiqué de presse
Génétique virtuelle, formes et comportements issus de l’observation du vivant, détournements de processus biologiques, l’exposition « Natural / Digital » propose de questionner notre rapport à la nature après l’inscription des technologies dans l’art. A l’imitation de la nature comme forme et appropriation se substitue ici l’imitation comme processus. Parmi les œuvres présentées, on trouvera entre autres les Surnatures de Miguel Chevalier, Drosephylia (œuvre interactive bioluminescente) du designer Igor Novitzki ainsi que le fameux Pissenlit d’Edmond Couchot et Michel Bret. Cette exposition organisée par numeriscausa & le festival Arborescence se tiendra à la Biche de Bere Gallery du 26 mai au 3 Juillet 2005.
Les oeuvres
Paradis Artificiels, Miguel Chevalier, Courtesy Suzanne Tarasiève
Le pissenlit, Edmond Couchot & Michel Bret
Des fleurs, Reynald Drouhin
Drosephylia, Igor Novitzki & Yann Guidon
Papiers peints numériques, Samuel Rousseau, Courtesy Art – Netart
Phytosphère, Etienne Rey
Paradis Artificiels, Miguel Chevalier, 2003
Les Paradis Artificiels sont constitués de plantes et de fleurs virtuelles, qui poussent chaque jour en temps réel. Ces images pures ne sont plus immobiles, mais sont en quelque sorte générées dans et par le temps. Ces fleurs virtuelles ont leur propre trajectoire évolutive sur une année et se transforment à contre courant du cycle des saisons. Aussi, ces créations retrouvent-elles la sensibilité cosmique de Monet, son exploration de la lumière et du temps et son goût des séries, dans Les Nymphéas en particulier.
« Des graminées d’un vert, d’un bleu, d’un rouge tous aussi improbables, croissent sur l’écran lumineux et ondulent au gré d’un souffle alizéen. Leurs nervurations, visibles par transparence à chaque balancement de leurs feuilles, composent des architectures complexes. D’abord fragiles pousses, elles s’enhardissent et dressent leurs tiges vers un invisible ciel. Tant que rien ne vient contrarier leur expansion, elles prolifèrent et tendent à saturer tout l’espace. Ce qui les meut c’est cette volonté de puissance du vivant si bien analysée par Nietzsche. Ce vouloir vivre sans autre finalité que la perpétuation de lui-même.[…] »
Extrait de La nature à l’âge de sa production numérique, Françoise Gaillard – Philosophe
Les Pissenlits, Edmond Couchot & Michel Bret, 2005
Dans cette œuvre interactive, 9 ombelles de pissenlit sont doucement éparpillées par une brise virtuelle correspondant au souffle réel que le spectateur dirige sur l’écran ; les graines se détachent alors, s’envolent et retombent lentement. De nouvelles ombelles se reforment prêtes à subir le souffle d’une nouvelle interaction. Chacun effeuille les sphères étoilées à sa manière, rapidement ou lentement, cherchant le rêve ou l’efficacité.
Certaines personnes ne comprennent pas tout de suite qu’il s’agit d’une simulation et pensent que les images sont déjà enregistrées. Il n’en est rien. En réalité, ces images sont le résultat d’une interaction entre l’objet virtuel – les pissenlits -, résidant dans l’ordinateur, et un élément étranger, extérieur, le souffle du spectateur. Pas de pissenlit, pas de mouvement dans l’espace virtuel de l’ordinateur, pas d’images finalement, sans ce souffle réel, incitateur. Chaque expérience est unique.
Des Fleurs, Reynald Drouhin, 2005
Des Fleurs utilise une base d’environ 400 sons, 400 mots et 400 images ; sur le thème de la nature, du portrait, de la mort, avec trois phases différentes générées aléatoirement, découvrez un portrait « monstrueux » toujours en évolution…
« Des Fleurs, c’est une défragmentation du réseau internet, par l’intermédiaire du mot clé : « fleur », il existe une multitude d’information sur la toile, ce projet permet de les faire coexister ensemble dans une même image finale : une matrice (visage(s)) qui servirait de repère global aux différents éléments qui la composent… Appropriation d’une matière première présente sur le réseau et réactivation de cette mémoire archivée en une matière vive éphémère et générative. »
Des Fleurs est une installation interactive et générative, utilisant une base de donnée de sons, mots et images, qui génère aléatoirement un portrait « monstrueux »… toujours en évolution… Une projection au sol d’un portrait « en fleur ». Le son est grouillant, rempli d’insectes, retour au végétal-animal, à la pourriture, à la nature… L’interaction est minimaliste.
Ce portrait Des Fleurs grouillant est une tentative de représentation d’une communauté « Incident » dans une fusion identificatoire, cette fusion est ignoble, contre nature, non définie, en mouvement perpétuel, une combinatoire générée aléatoirement de 7 portraits (Karen, Gregory, Philippe, Marika, Julie, Michael, Reynald).
Le son : des insectes, mouches, oiseaux, etc… Un visage émerge, un homme ou une femme, le son de nature est en fond et une voix récite des mots, les uns derrière les autres, ce qui forme aléatoirement des phrases. «à la folie acarien accouple actualise adore agite agonie aime allume anus (…) végète vend verge vide viole virginité vit voit vole vous vulve.»
Drosephylia, Igor Novitzski & Yann Guidon, 2005
« L’art et la technique viennent de fusionner à nouveau a travers un design qui nous donne l’illusion de quitter nos déterminismes. Nous quittons le vrai, l’authentique au profit d’une technique industrielle, jetable et se détachant des valeurs dites humaines. Je propose une vision rappelant les mécanismes élémentaires de la nature vivante, mon travail réside dans l’observation des premières ébauches organiques matérialisées par les intentions de vie qui les définissent. . La plus belle technologie est bien la nature !»
I. Novitzski.
Drosephylia est une plante artificielle luminescente réagissant à son environnement et aux stimuli des visiteurs.
En explorant le biomorphisme, Igor se réapproprie les mécanismes biologiques élémentaires.
Cette approche à la croisée de l’art contemporain et du design suscite une prise de conscience sur la beauté technologique du vivant qui nous compose et nous entoure. Une vision poétique mélangeant l’harmonie intuitive des formes vivantes avec les matériaux de synthèse.
Avec leur dernière création biomorphique baptisée Drosephylia, Igor et Yann nous posent la question de l’artifice du vivant. Ils utilisent leurs connaissances du monde, de l’électronique et du design pour développer une nouvelle dimension symbiotique du vivant.
Phytosphère, Etienne Rey, 2005
Issu d’une démarche sur l’écriture interactive, Phytosphère est une invitation au voyage, à l’immersion dans un milieu de créatures artificielles inspirées des plantes sub-aquatiques. Les espaces qui le composent sont construits sur un modèle physique correspondant à l’eau de mer, à une échelle oscillant entre le micron et le millimètre. Ces créatures numériques dotées d’intelligence, se regroupent et génèrent des sonorités organisées, sortes de langages sonores.
L’histoire qui se construit devant nous est le fruit d’une multitude d’évènements qui conduisent à une écriture permanente et évolutive. L’intelligence artificielle permet de mettre en place des interactions non linéaires, issues de la rencontre des individus en fonction de leurs identités respectives et des actions qui découlent de leurs échanges. Aujourd’hui ces créatures se perçoivent et des embryons de groupes se forment. Munie de caractères, une société simple se constitue de groupes s’échangeant des sons-langages, reflets de leurs relations.
L’évolution visuelle et sonore de dirigeable évolue par l’activité des créatures autonomes à la frontière du végétal et de l’animal. Phytosphère, espace virtuel issue de Dirigeable, nous conduit dans des profondeurs habitées de plantes imaginaires dont la synthèse se révèle par la génération de sonorités
La démarche d’Etienne Rey repose sur l’élaboration d’un programme évolutif. La première phase avec Dirigeable interroge le rapport entre la notion d’interactivité et de générativité avec la production de sonorité, son-langage. Ce projet se poursuit actuellement avec Mille Mondes pour s’orienter vers un travail de recherche sur la génération sonore dans la liaison intelligence artificielle et création sonore temps réel. Mille mondes s’inscrit également dans une volonté forte de croiser des démarches avec d’autres artistes concernés par ces questions.
Papiers Peints Vidéos, Samuel Rousseau, 2000
« Je n’ai pas de démarche définie, revendique ce chercheur un brin libertaire. Je reste dans la surprise, j’attends de m’étonner moi-même». Une constante lisible de sa démarche est sa dimension profondément poétique. A travers quelques détails, Samuel Rousseau fait surgir une vision décalée de la réalité.
Dans ses derniers travaux, il utilise l’image vidéo dépourvue de son, comme une matière à modeler, qu’il inscrit dans des endroits aussi insolites que des canevas de laine aux figures naï;ves du meilleur goût kitch. Sur les murs, les papiers peints vidéos, espèces de fresques psychédéliques, présentent un pouvoir hypnotique. Les motifs animés, répétitions d’ustensiles de cuisine et de légumes, ou de fleurs, bousculent le statut même d’oeuvre d’art. Confondues avec l’architecture, ces images oscillent entre la nature de décor et celle d’oeuvre à part entière. Ses papiers peints poussent à l’extrême le principe de faire entrer l’art dans la vie, quitte à le confondre avec l’espace et à vivre «à l’intérieur» de l’oeuvre. . . Car Samuel Rousseau rêve de voir un jour ses projections intégrées à un espace domestique réel. «Tant qu’elle restera dans un musée, cette oeuvre ne sera pas finie» explique-t-il.
Extraits de l’article de Naly Gerard : Ce jeune «créateur multiconcept» recouvre les murs de papiers peints numériques.
Mouvement. net
Les artistes
Miguel Chevalier
Miguel Chevalier a acquis, grâce à sa formation pluridisciplinaire et lors de ses voyages à travers le monde, une grande expérience artistique. Son art se caractérise par une exploration depuis 1982 des technologies d’aujourd’hui. Son champ d’investigation prend ses sources dans l’histoire de l’art dont il reformule à l’aide de l’outil informatique les données essentielles. Ses thèmes se rapportent à son observation des flux et des réseaux qui organisent nos sociétés contemporaines. Il s’est imposé internationalement comme l’un des pionniers de l’art virtuel et du numérique. Les images qu’ils nous livrent interrogent perpétuellement notre relation au monde.
Michel Bret
Michel Bret est professeur émérite et cofondateur de la formation Arts et Technologies de l’Image à l’Université Paris 8. Il a reçu une formation scientifique et il a pratiqué pendant plusieurs années la peinture et le collage.
Dès 1975, il a commencé à développer des logiciels d’images de synthèse. Le plus connu est le logiciel Anyflo avec lequel Le Pissenlit a pu être réalisé.
Michel Bret est aussi l’auteur de nombreux films en images de synthèse (entre autres, Automappe, primé à Imagina, en 1989, Cahin-Caha, prix de la SCAM, à Imagina, en 1997, Tacauto, primé au Computer Animation de Genève, en 1991). Il a également publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages d’infographie. Il mène actuellement des recherches dans le domaine de la vie et de l’intelligence artificielles en relation avec l’art.
Reynald Drouhin
Né à Paris, Reynald Drouhin vit et travaille à Paris et à Rennes. Artiste travaillant à partir des pratiques numériques de la vidéo, photographie et du net, il a suivi des études d’arts plastiques aux Beaux-Arts de Paris (DNSAP) et à l’Université Paris 1 (Maîtrise, DEA) puis au Mastère Hypermédia Multimédia.
Reynald Drouhin travaille, depuis plusieurs années, sur Internet; sur les notions d’appropriation et de détournement de documents. Il utilise les spécificités du web: les moteurs de recherches d’images, le temps réel, l’éphémère, le « hacking » de ressources. Il a réalisé des projets, sur le fragment : Des Fleurs, J’eux, Om, Rhizomes, sur des visualisations en temps réel à l’aide de webcams : TimesSquare, !C!, LoXe, ou de moteurs de recherches d’images: Des Frags, Timescape, Incidence. Il a également travaillé sur des projets de vidéos (DVD) non-linéaires: BetaGirl, Revenances, Histoire(s), Spaltung, Re-mix, Volte-face, etc…
Igor Novitzski
Igor Novitzski travaille selon une approche systémique du design dont l’informatique est le principal outil de création. En 1996, il crée une collection de meubles en polypropylène nommée « In Silico ». Il s’inspire d’un mode de fabrication novateur bâti sur le prototypage rapide à partir d’image de synthèse. En parallèle, il travaille au service de grands groupes [Intel/ Sony] pour la promotion des NTIC et de l’Intelligence Artificielle puis participe en 1999 à la création d’une start-up « Streaming Box ». Utilisant la convergence des technologies et des lois biologiques, il concrétise, en 2003 le concept de design symbiotique autour duquel s’articulent aujourd’hui toutes ses pièces.
Yann Guidon Le travail de Yann Guidon s’articule autour de l’électronique, de la musique et de l’informatique. Passionné par l’étude des systèmes complexes (fractales, automates cellulaires, Jeu de la Vie), il axe son mémoire de maîtrise sur les Gaz sur Réseaux, permettant la simulation interactive des écoulements turbulents de fluides. C’est aussi l’un des architectes du microprocesseur libre et open-source « F-CPU ». Sa collaboration avec Igor lui permet de passer de la simulation informatique à la réalité tangible, nous invitant à nous intégrer à l’espace interactif proposé.
Infos pratiques
> Lieu
Biche de Bere Gallery
8 rue Rambuteau. Paris 3e
M° Rambuteau
> Horaires
du mardi au samedi de 14h à 19h
> Contact
T. 01 40 41 02 13
T. 01 43 15 98 03
contact@numeriscausa.com
www.numeriscausa.com
> Entrée libre
parisART sur Instagram