DANSE | EVENEMENT

Beethoven chorégraphié

14 Mar - 14 Mar 2008

Emission de télévision, films de danses, captations illustrent cette passion de la danse pour la musique de Beethoven avec Maïa Plissetsaïa dans la Septième Symphonie chorégraphiée par Béjart, Ludmilla Tcherina, mais aussi Maguy Marin, Dominique Bagouet ou William Forsythe.

Communiqué de presse
Maguy Marin, Dominique Bagouet, William Forsythe…

Beethoven chorégraphié

Dans le cadre des Nocturnes jeunes et d’un cycle sur Ludwig van Beethoven, l’auditorium du Louvre organise une projection de films où la danse, moderne et contemporaine, dévoile ses affinités avec l’oeuvre du célèbre musicien allemand.

20h30

Beethoven a écrit un unique ballet, d’inspiration hellénistique, en 1801, à la demande du chorégraphe Salvatore Viganò, maître de ballet de la cour impériale, Les Créatures de Prométhée. L’oeuvre est créée au Burgtheater de Vienne le 28 mars 1801 avec grand succès, connaissant vingt-trois représentations consécutives. Mais elle est rapidement tombée dans l’oubli et a rarement été reprise depuis.
C’est récemment et d’une manière moins académique que les retrouvailles de la musique de Beethoven et de la danse se sont opérées. La danse moderne, puis la danse contemporaine se sont emparées du répertoire beethovénien, moins comme musique d’accompagnement que comme point de départ chorégraphique. Maurice Béjart est un des premiers à s’en saisir avec l’éclatante et ésotérique chorégraphie de La Neuvième symphonie en 1964, ainsi qu’avec son travail avec la ballerine Maïa Plissetskaïa.

A partir de là, l’intérêt des chorégraphes contemporains ne ternira pas d’éclat. Les premières promotions de l’école de Mudra à Bruxelles dont sont issues Maguy Marin ou Anne Teresa de Keersmaecker, s’éloignent d’un Béjart encore classique pour utiliser le corps, travailler le rythme, l’improvisation et accordent très régulièrement ce travail chorégraphique à différentes œuvres de Beethoven. Inspiration maîtresse ou jeux d’opposition, les œuvres de Beethoven dans la danse sont réinterprétées, reprises, déformée quelquefois, avec le travail de Dominique Bagouet qui mélange la musique de Beethoven et celle de Pascal Dusapin dans une de ses chorégraphies les plus célèbres, Le Saut de l’ange en 1987.

Cette recherche thématique autour de Beethoven chorégraphié offre plusieurs surprises.

En ouverture de séance, un très court document qui montre quelques images de l’étoile du Bolchoï, Maïa Plissetskaïa, interprétant Isadora Duncan, chorégraphié par Maurice Béjart dans la cour carré du Louvre.

Ensuite, une forme oubliée, retrouvée dans les archives de l’INA, le film de danse tourné pour la télévision : A la mémoire d’un héros où Ludmilla Tchérina interprète Napoléon Bonaparte dans une mise en scène martiale sur la Symphonie n°3, exécutée par le Columbia Symphony Orchestra sous la direction de Bruno Walter.

Nous retrouvons ensuite avec un extrait du Saut de l’ange, créé le 23 et 24 juillet 1987, le travail chorégraphique de Dominique Bagouet, qui propose quelques années après la naissance du festival International Montpellier Danse, une création en collaboration avec le plasticien Christian Boltanski.
Ballerines désarticulées qui dansent en silence un flamenco impérieux sur l’estrade habillée de rouge dans la cour Jacques Cœur à Montpellier, figures de cirques aux collants jaune citron qui se balancent sur Sly de Pascal Dusapin, ou danses de salon, figure imposée déformée lorsque Beethoven retentit, les danseurs offrent d’apparentes pitreries avec une technique impeccable.

Puis, vient la création de Maguy Marin, une pièce dansée d’après et sur la Grosse fuge de Ludwig Van Beethoven pour quatuor à cordes. La captation sera précédée d’un bref entretien filmé de la chorégraphe qui évoque notamment son travail chez Béjart car, bien que la séance n’ait pas été pensée ainsi, la figure tutélaire du chorégraphe recoupe sans cesse ce Beethoven chorégraphié.

La séance se clôture sur la captation du magistral Trio, de William Forsythe, sur un Quatuor de Beethoven qui vient rompre les larges plages de silence.