ART | EXPO

Béatrice Cussol et Georgia Nelson

18 Oct - 29 Nov 2008
Vernissage le 18 Oct 2008

Chacune à leur manière, Béatrice Cussol et Georgia Nelson déplacent le spectateur sur le territoire de la peinture et du dessin.

Béatrice Cussol et Georgia Nelson


Béatrice Cussol archive et sauvegarde en les dessinant des images que forme spontanément la pensée. Il y a une urgence face à la tâche qui lui échoit de les retenir avant qu’elles ne disparaissent dans l’oubli, d’archiver ces images ratissées qui lui arrivent comme des évènements en cascades, d’où le stylo requis qui vient vite sous la main, le pinceau vers l’eau, l’aquarelle, le feutre trempé dans l’encre.

Ensuite vient la peinture en elle-même, c’est-à-dire le travail de la matière,  la plus lisse, ou liquide, ou craquelante, ou crissante ou croupie ou d’autre matière résultant de la vie de la tache, de la flaque, du trait. La première image venue est la bonne. Elle fixe une image qui auparavant peut-être flottait, au risque d’en perdre d’autres ou de les désamorcer.

Elles apparaissent comme quelque chose qu’elle n’aurait jamais vu auparavant, et en même temps comme quelque chose de déjà vu,  de familier. Elle réveille ainsi des images qui sommeillent et qui sont déjà du dessin. Le dessin est un espace de rencontre et chacun peut y prendre forme. Mais c’est une rencontre qui ne regarde plus l’artiste: elle ne connaît pas forcément l’histoire que racontent ses dessins, mais peut se la raconter à chaque fois, autant que n’importe qui et différemment à chaque fois.

Dans le travail de Georgia Nelson, les dessins agissent comme des matrices, où la graphie est un objet à part entière, et déjà un dessin qui se mêle à d’autres et se décline à l’infini. Sa peinture se regarde sans se voir. Elle tient du maquillage, du make-up, d’une forme qui se compose patiemment, dans un même geste. Georgia Nelson, c’est une manière d’être, une qualité, une vitesse.