ART | EXPO

Be Quiet and Go

03 Sep - 26 Sep 2009
Vernissage le 03 Sep 2009

Adrien Vescovi rejoue et se joue de la réalité par des jeux d’images et de langage. La finalité des œuvres est de mettre en péril le réel, de l’épuiser, de brouiller les pistes entre vrai et faux, entre passé et présent.

Communiqué de presse
Adrien Vescovi
Be quiet and go

Artiste pluridisciplinaire, Adrien Vescovi opère en termes de glissement et de détournement; non sans humour, il crée un univers empreint de poésie où l’absurde domine. La plupart de ses œuvres s’élaborent en sorte d’énigme articulée autour de «micro-événements». Il faut pour le spectateur reconstituer mentalement le processus d’appropriation de l’artiste pour que l’œuvre livre tout son sens.
Adrien Vescovi rejoue et se joue de la réalité, il met en place des jeux d’image mais aussi de langage. L’aspect ludique est déterminant même si les propositions de l’artiste peuvent avoir une teneur dramatique ou grave : Train fantôme (vidéo, 2008) et Nacht und Nebel (photo, 2007) sont deux œuvres qui font référence à la Seconde Guerre mondiale.

La réactualisation d’images d’archives est une méthode qu’Adrien Vescovi utilise fréquemment, il prélève donc sur le réel pour ensuite le réactualiser en faisant naître de nouvelles fictions. Il nous fait voyager aussi bien temporellement que géographiquement, il brouille les pistes au point que nous ne pouvons plus distinguer l’actuel du passé, le vrai du faux. La finalité des œuvres est de mettre en péril le réel, de l’épuiser. Élever des barricades, photographie réalisée en 2008, reprend les codes esthétiques d’images des barricades de Mai 68, mais rejoués de nos jours à Sèvres.

Par le jeu de décontextualisation et de référence, le doute s’installe: s’agit-il d’images d’archives ou d’une quelconque actualité, s‘agit-il de fiction ou de réalité… Stupid White Men, vidéo faisant référence au film Dead Man de Jim Jarmusch, met en scène un cycliste qui apparaît dans une cour cernée d’immeubles dévastés, un ghetto en plein centre de Genève. Il répand derrière lui une fumée blanche. Le plan fixe renforce l’absurdité de la situation. Il ne se passe donc rien de rationnel ni de narratif, aucun élément ne peut nous permettre la compréhension de ce qui se déroule sous nos yeux.
La banalité de la scène, d’un calme absolu, est pourtant déconcertante; de là proviennent le malaise et le doute. La dimension absurde n’est pas sans rappeler Bouvard et Pécuchet de Flaubert : les deux personnages principaux, par leur volonté de compréhension du monde qui les entoure, ne mènent que des expériences désastreuses ; ces expériences laissent toutefois entrevoir un champ de possibilités infini.

Adrien Vescovi fait également allusion à divers domaines technologiques (militaire, scientifique, construction, jouets) qu‘il parodie le plus souvent en les rendant insignifiants ou inoffensifs, par exemple avec une grenade réalisée en Lego, ou avec des œuvres telles que czech hedehong (2008) et Image minée (2006), où il revisite le matériel militaire.

Avec Pliages en l’air, 2009, travaux réalisés en papier et présentés dans l’exposition, Adrien Vescovi mélange des champs lexicaux et techniques. Pliage en l’air est en carrosserie un terme qui désigne le procédé de pliage de la tôle. Ici l’artiste offre à notre regard un dé-pliage d’avion en papier. Le pliage est reconstitué «à rebours» : ce qui fut n’est plus, mais le papier a gardé les traces de plis, nous pouvons donc reconstituer mentalement ces avions, pour en avoir nous-mêmes réalisés enfant.

Dans une série de portraits intitulée Qui est-ce? l’artiste se grime pour se créer diverses identité. Inscrite dans la tradition de l‘autoportrait, mais réalisée avec autodérision, l’oeuvre se parodie et se positionne de manière humoristique dans le contexte de l’histoire de l’Art. Le rire provoqué par les effets de surprise (pourtant simples) est ce rire souverain qui permet de mettre à distance de soi et de surpasser les contradictions du réel.

La réalité à laquelle s’attelle Adrien Vescovi est, nous l’avons vu, plurielle : de la mémoire collective aux objets du quotidien, il passe en revue tout ce qui l’entoure et qui compose son iconographie personnelle. L’univers intérieur de l’artiste se dévoile et permet de donner un autre sens au monde, pour ainsi questionner notre relation aux images et à leur degré de véracité. Ne plus pouvoir distinguer ce qui est vrai de ce qui est de l’ordre de la fiction, voilà en quelque sorte ce qui pourrait résumer l’approche de cet artiste singulier.

Vernissage
Jeudi 3 septembre à 18h.

Informations pratiques
Ouvert du mardi au samedi de 14h-18h