DESIGN | EXPO

Bastion commun

26 Juin - 26 Juil 2015
Vernissage le 25 Juin 2015

Les artistes du Bastion 14, lieu de résidences et d’ateliers d’artistes de la ville de Strasbourg, se réunissent pour la première fois au sein d’une exposition collective. S’appuyant notamment sur Les villes invisibles d’Italo Calvino, ils investissent le barrage Vauban pour réfléchir à la constitution d’une identité collective dans un espace partagé.

Fantine Andrès, Clothilde Anty, Marie-Anne Baccichet, Léa Barbazanges, Virginie Bergeret, Alexia Bretaudeau, Vincent Broquaire, Mathilde Caylou, Vincent Chevillon, Clémence Choquet & Mickaël Gamio, Myriam Colin, Caroline de Grandpré, Ahmet Dogan, Camille Fischer, Caroline Gamon, Emmanuelle Giora, Lucie Guillemin, Joséphine Kaeppelin, Thomas Lasbouygues, Zahra Poonawala, Ingrid Rodewald, Letizia Romanini, Mélodie Seiwert, Capucine Vandebrouck & Gaëlle Cressent, Yiumsiri Vantanapindu, Gretel Weyer,Young hee Hong
Bastion commun

Ces artistes, impliqués dans différents réseaux nationaux et internationaux de l’art, du design et de l’artisanat, revendiquent l’identité d’une scène artistique régionale active et unie. L’exposition révèle la rencontre de pratiques artistiques contrastées dans la recherche du commun.

L’initiative de cette exposition collective vient d’une envie partagée de se rassembler le temps d’une exposition dans un lieu public pour affirmer une appartenance au territoire local et revendiquer un rôle dans la cité. Mais comment alors se montrer ? Le Bastion 14 est un lieu qui dissimule mais protège. Les artistes ont choisi le Barrage Vauban, construction militaire défensive – très visible et visitée, mais fermée et protégée — pour se représenter. Une avancée masquée ?

Faire connaître le Bastion 14
Le Bastion 14 est une construction militaire située derrière la gare de Strasbourg. Anciennement utilisé comme centre de transmission, il abrite aujourd’hui des ateliers d’artistes locaux et étrangers proposés par la Direction de la culture de la ville de Strasbourg. Ouvert au public seulement deux week-ends par an pour l’événement régional Les Ateliers Ouverts, ce lieu fait peu parler de lui. Pourtant, une quarantaine d’artistes, actifs dans les milieux de l’art, de l’illustration, du design, de l’enseignement, du graphisme, de l’artisanat, y ont établi la base de leur activité. Certains travaillent essentiellement dans la région, d’autres multiplient les résidences ou voyages à l’étranger; tous sont mobiles, indépendants mais peu souvent amenés à collaborer sur des projets communs.

Définir une identité collective
Bastion commun est un projet mené sur l’année 2014 – 2015 par Les Commissaires Anonymes et Adrien Metzger, chargé d’exposition. Pensé comme un programme de travail collectif ponctué par différents temps forts de réunions, d’expérimentations et d’expositions, l’enjeu a été de développer une dynamique collaborative favorable au partage créatif et productif d’informations, de compétences et de savoirs; donnant ainsi à chaque résident des outils pour le l’enrichissement de son réseau et de ses activités professionnelles.

Dans son texte Les villes et les échanges (extrait de Les villes invisibles — référence qui fut au centre du travail de Bastion Commun), Italo Calvino nous raconte comment, à chaque solstices et chaque équinoxe, de grands rassemblements de marchands issus de contrées lointaines, venus échanger des denrées précieuses de leur pays (graines, pierres, épices, etc.), deviennent des réunions extraordinaires de partage de savoirs. À chaque nouvelle rencontre, ils réinventent ensemble la définition des choses, le sens des mots et la valeur d’un nouveau langage pour se raconter le monde. L’exposition incarne l’un de ces rassemblements comme une étape dans la recherche d’une identité collective.

Développer une conscience du commun
En période de crise économique, politique et culturelle, il nous semble important de s’interroger sur le rôle des artistes et des créatifs dans le renouvellement des systèmes de pensée. Mettre en évidence l’espace du commun pour une institution comme le Bastion 14, c’est choisir de mettre en évidence le pouvoir politique, social et culturel qui est à son échelle en tant que lieu de création, afin de faire valoir la production artistique comme un véritable vecteur de sens dans l’évolution de notre société.