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Balthasar Burkhard

15 Jan - 28 Fév 2009
Vernissage le 15 Jan 2009

Les photographies noir et blanc de Burkhard sont fortement contrastées, davantage tournées vers l’ombre que la lumière. Elles créent une sorte d’unité tonale entre les mondes, les éléments, les règnes et les choses.

Balthasar Burkhard
Balthasar Burkhard

Balthasar Burkhard commence à exposer à la fin des années 1970, élaborant un travail fondé sur des partis pris très affirmés : cadrage serré et rigoureusement frontal. Ces images en noir et blanc, souvent très contrastées, offrent une façon nouvelle d’amener la photographie au tableau.

Après les grands nus des années 1980, Burkhard a notamment réalisé une série de photos de grandes métropoles. Prises d’hélicoptères, elles font entrevoir la réalité quasiment abstraite de Mexico ou de Los Angeles. De l’infiniment proche à l’infiniment lointain, de l’intimité du corps aux horizons de l’Amazonie, Burkhard ne cesse de réaffirmer le rôle explorateur de la photographie.

Le noir et blanc de Burkhard est fortement contrasté, plus tourné vers l’ombre que la lumière, créant une sorte d’unité tonale entre les mondes, les éléments, les règnes et les choses.

L’œuvre de Balthasar Burkhard est intimidante par sa beauté grave et ses partis pris affirmés, ses séries savamment et patiemment constituées. Le risque n’est pas mince de changer le travail d’un producteur d’images, pour lequel chaque étape qui suit la prise de vue – du tirage jusqu’a l’accrochage – compte au moins autant que celle-ci, en celui d’un chasseur de clichés. Cette oeuvre peut se comparer à une suite de pages arrachées à une encyclopédie, dans lesquelles le désir se mêle parfois à la curiosité.

L’effet-tableau tel qu’il se manifeste dans les oeuvres de Burkhard résulte d’un travail sur le sur-dimensionnement des motifs, mais aussi sur le re-cadrage et l’ajustement à des formats spécifiques. Ce travail a autant d’affinités avec Courbet qu’avec l’abstraction ou l’hyperréalisme – entendu comme une forme particulière d’abstraction – qu’avec les mises en scène de la vie moderne, qui constituent la tendance la plus forte de la photographie plasticienne. Le salon de coiffure et le bar de la Havane, rare intrusion de la couleur, montrent que l’artiste s’y entend aussi à conduire la street photography au tableau, même s’il s’agit de défis à la règle. (in Balthasar Burkhard, Reconnaissances 1969-2007, Musée de Strasbourg)

critique

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