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Ballet de l’Opéra de Lyon

22 Jan - 26 Jan 2008

Tandis que Rachid Ouramdane explore dans Superstars les trajectoires intimes des danseurs de l’Opéra de Lyon, ces mêmes interprètes nous livrent, en seconde partie de soirée, une reprise du chef-d’œuvre de William Forsythe : Enemy in the figure.

Communiqué de presse
Rachid Ouramdane, William Forsythe

Superstars, Enemy in the Figure

Rachid Ouramdane
Superstars (2006) 7 danseurs
Chorégraphie : Rachid Ouramdane
Musique : Alexandre Meyer
Costumes : La Bourette
Lumières : Yves Godin
Vidéo : Aldo Lee
Créé le 10 septembre 2006 par le Ballet de l’Opéra de Lyon

William Forsythe
Enemy in the Figure (1990) (extrait de Limb’s theorem) 11 danseurs
Chorégraphie et décor : William Forsythe
Musique : Thom Willems
Lumières : William Forsythe, Michael Simon
Réalisation : Noah D. Gelber, Jill Johnson, Christopher Roman
Créé en janvier 1990 par le Ballet de Francfort

L’invitation faite à Rachid Ouramdane par le Ballet de l’Opéra de Lyon lui ouvre un formidable terrain d’expérimentation. À l’inverse de la plupart des chorégraphes, il boude le studio d’entraînement : « Je ne serais même pas sûr de savoir lire valablement ce genre d’exercices ». Préfère se plonger dans les dossiers de cette formation qui compte trente-deux danseurs, de quatorze nationalités différentes, explorer avec lui les liens qui relient l’Histoire et l’intime.

Chine. Cuba. Afrique du Sud. Biélorussie. Pologne. Toutes ces origines, chez des jeunes gens entre 25 et 30 ans, signifient la traversée forcée de périodes très troublées. Ouramdane travaillera avec ceux (au nombre de sept) qui, renonçant au primat de l’excellence technique, auront envie d’explorer avec lui les liens qui relient l’Histoire et l’intime. Quel chemin font vivre en direct la fin de l’apartheid, l’effondrement de l’URSS, pour se retrouver dans un ballet français néo-classique ? Il procède à des entretiens. Le vidéaste Aldo Lee les restitue sur écrans. D’autres complices de toujours entourent ces artistes sur le plateau : le guitariste Alexandre Meyer pour un sobre accompagnement musical, La Bourette pour s’amuser des couleurs nationales sur des costumes gentiment scintillants.
Car enfin ce sont bien des superstars qui se diffractent là : entendons des membres discrets d’un ballet – univers où se cultive le mythe des étoiles – ici devenus stars par la seule écoute apportée à leur réalité existentielle d’anti-héros.

Le programme de cette même soirée cultive le contraste avec l’éblouissement dont sont capables ces interprètes. Enemy in the figure est le deuxième acte de Limb’s theorem, l’un des chefs-d’oeuvre de William Forsythe.
Le grand maître américain d’Allemagne entretient une collaboration soutenue avec la formation lyonnaise, qui compte une dizaine de ses pièces à son répertoire. À la dissolution de son Ballet de Francfort en 2004, c’est à l’Opéra de Lyon que Forsythe confie la sauvegarde de Limb’s theorem, pièce géante créée en 1990.
Elle avait marqué l’un des tournants par lesquels il imprima à la syntaxe classique la torsion d’une écriture de la fulgurance et de la syncope, de la segmentation des corps exacerbés dans l’espace, lui même creusé de volumes lumineux et d’obstacles visuels, dans une profusion haletante de séquences zébrées.

Et ce sont bien ces mêmes danseurs que Rachid Ouramdane nous donne à écouter, dans la fascinante humilité quotidienne de parcours extraordinaires composée en délicate musique de gestes.