ART | EXPO

Babylone électrifiée 02

16 Jan - 21 Fév 2015
Vernissage le 15 Jan 2015

« Babylone électrifiée 02 » continue d’explorer les ruines de cette Babylone utopique nourrie d’électricité imaginée par Albert Bleunard. Ce deuxième volet, s’appuyant également sur le roman de Jules Verne, Le Château des Carpathes, présente deux œuvres de Cécile Babiole qui nous laissent imaginer ce que les arts auraient pu être dans cette Babylone rêvée.

Cécile Babiole
Babylone électrifiée 02

La série d’expositions «Babylone électrifiée» s’inspire librement du roman d’Albert Bleunard, La Babylone électrique, publié en 1888, pour explorer la fascination exercée par l’électricité au XIXe siècle et le développement des télécommunications.

«Babylone électrifiée #2» continue d’explorer les ruines de cette Babylone utopique nourrie d’électricité imaginée par Albert Bleunard. Le premier volet, placé sous le signe de la tour de Babel, invitait les visiteurs à découvrir les ruines titanesques des mystérieux miroirs acoustiques et la manière dont les ondes radio permirent de réduire à néant les distances.

Prenant un tour plus ésotérique, ce deuxième volet, s’appuyant également sur le roman de Jules Verne, Le Château des Carpathes, propose de découvrir deux œuvres (dont une inédite) de l’artiste Cécile Babiole. Les crépitements électriques de la sculpture sonore Bzzz! Le son de l’électricité composent une sorte de «musique moléculaire», pour reprendre les termes d’Edison à propos des sons émis par les transducteurs à charbon des téléphones, rendant audible l’électricité domestique.

Une électricité qui avait acquis depuis le XVIIIe siècle, comme le rapporte l’auteur originaire de Nantes, le statut «d’âme de monde», de principe vital universel unissant la matière à l’esprit: Fiat Lux. C’est en quelque sorte ce qu’elle devint avec la seconde révolution industrielle dont l’une des conséquences fut la nécessité croissante d’énergie électrique. Bzzz! Le son de l’électricité nous remémore cette présence électrique ubiquitaire à l’aide d’une sorte d’orgue électronique posé sur son autel où transite une myriade de câbles.

Une présence spectrale qui se prolonge par l’installation Reflections où le visiteur placé au centre d’une série de miroirs entend par rebond se déplacer le son d’une voix sibylline. Ce jeu de reflets alliant le son à l’image rappelle le dispositif imaginé par Orfanik dans le Château des Carpathes. Au moyen de l’illusion, celui-ci prolonge les derniers instants de la cantatrice Stilla à l’aide d’une lanterne magique la faisant apparaître sous forme spectrale et dont la voix désincarnée est rejouée à l’infini par le phonographe qui recueillit son dernier souffle sur scène.

Les deux œuvres de Cécile Babiole nous laissent imaginer ce que les arts auraient pu être dans cette Babylone rêvée. Elles font d’ailleurs largement écho à la naissance des œuvres multimédias nous ramenant à l’époque des fantasmagories d’Etienne Robertson (1763-1837) conjuguant univers fantastiques et sciences.
En effet, grâce aux nombreux progrès scientifiques et techniques réalisés au cours du XVIIIe siècle, tant en optique que dans la construction de machineries, les arts du spectacle disposèrent de moyens de plus en plus raffinés pour faire apparaître revenants et autres créatures imaginaires devant les yeux ébahis des spectateurs.

Commissaria
t
Damien Simon

Vernissage
Jeudi 15 janvier 2015 à 18h

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