DANSE | FESTIVAL

Avis de turbulences #12

04 Nov - 25 Nov 2016

Le Théâtre de l’Étoile du Nord présente Avis de turbulences. Ce festival de danse offre un panorama de la création actuelle en proposant huit pièces réalisées ces deux dernières années. Au programme, des chorégraphes comme Jann Gallois, Julie Coutant, Anna Massoni et Vania Vaneau explorent le potentiel expressif du geste dansé.

Le Théâtre de l’Étoile du Nord présente huit spectacles à l’occasion de la 12e édition du festival Avis de turbulences. En ne proposant que des pièces très récentes, créées entre 2015 et 2016, ce festival se place au plus près de l’actualité de la danse contemporaine. La plupart des chorégraphes invités mènent une réflexion sur la résonance des corps et le potentiel expressif du mouvement dansé.

Anna Massoni et Vania Vaneau, Ornement (2016)

Dans cette pièce, Anna Massoni et Vania Vaneau proposent une approche sensorielle de la figurabilité du corps. Elles explorent l’ambiguïté dans le mouvement, la limite entre intérieur et extérieur, entre visible et invisible, entre matière et mémoire.

Johanna Faye & Mustapha Saïd Lehlouh, Iskio (2015)

Il y a des choses que seul le corps peut dire. Lui qui a sa propre mémoire, peut difficilement mentir. Ce duo hip-hop questionne le rapport à soi-même et à l’autre. En partant du principe que le corps ne ment pas, que nous dansons ce que nous sommes, Johanna Faye et Mustapha Saïd Lehlouh entament un dialogue via le geste. Que se passe-t-il alors quand la communication se heurte au silence?

Sylvère Lamotte, Ruines (2016)

Deux danseurs et un musicien expérimentent la tension entre beauté et violence. Alternant situations de déploration et scènes de brutalité, la pièce cherche à faire apparaître les nuances de gris qui séparent deux concepts opposés. Ruines se propose de dépasser le préjugé et de dépouiller le mouvement de son affect pour laisser apparaître son essence.

Julie Coutant, SAS (2012) et Suite (2015)

Julie Coutant présente deux pièces au festival Avis de turbulences. La première, SAS, est un court solo exploitant les notions de spontanéité et d’immédiateté du geste dansé. Suite, créée avec le chorégraphe Eric Fessenmeyer, est une transe vibratoire provoquée par deux corps qui entrent en résonance, l’un avec l’autre mais aussi tous deux avec la musique.

Louis Barreau, Bolero Bolero Bolero pour trois performeurs, 2016

La pièce met en scène trois performeurs, trois figures dansantes, évoluant sur le Boléro de Maurice Ravel. Ce projet est une déclinaison du solo d’origine, Bolero Bolero Bolero pour un performeur. Aussi, ce solo devenu trio introduit une réflexion sur le déplacement de l’unité vers le collectif. Les conditions de ce passage de l’un à l’autre réactivent concrètement les mécanismes internes au solo: répéter une seule et brève phrase chorégraphique et constater son potentiel transformatif.

Jann Gallois, Compact (2016)

Avec Compact, la chorégraphe Jann Gallois se demande comment deux peuvent ne faire qu’un et cherche à faire naître un solo à partir d’un duo. Pour cela, elle s’impose la contrainte suivante: un contact physique permanent entre les deux interprètes. L’obsession du contact est une réalité contemporaine qui se traduit, notamment, par le développement exponentiel des réseaux sociaux. Jann Gallois cherche dans Compact à redonner sa place à une autre sorte de contact, celui entre deux âmes.

Claire Laureau & Nicolas Chaigneau, Les déclinaisons de la Navarre (2016)

Le spectacle prend comme point de départ une scène extraite d’un téléfilm retraçant la vie de Henry de Navarre. Claire Laureau et Nicolas Chaigneau la détourne en se concentrant à chaque fois sur différents aspects. Le jeu étant de la caricaturer, d’y apposer des contraintes physiques décalées, d’en réécrire les dialogues, et de trouver une multitude d’angles sous lesquels l’aborder. Une pièce légère, absurde et amusante.