ART | EXPO

Autodestrucción 3: Avant et après le voyage de AA à la terre rouge

24 Oct - 23 Nov 2013
Vernissage le 24 Oct 2013

Autodestrucción se réfère au voyage d’Antonin Artaud dans le Chihuahua, territoire du nord du Mexique, idéalisé pour sa résistance face à la civilisation occidentale. A présent devenue un repère où se trouvent transgressés les droits de l’homme, cette destination rêvée a donc beaucoup évoluée mais pas nécessairement vers la voie du progrès.

Abraham Cruzvillegas
Autodestrucción 3: Avant et après le voyage de AA à la terre rouge

Suivant l’idée de la transformation inachevée de l’identité individuelle à travers sa série Autoconstrucción, Abraham Cruzvillegas présente le troisième volet d’une nouvelle saga: Autodestrucción.

Ici, une référence historique est au cœur de sa recherche, sans représentation littérale ou figurative: avant et après le voyage d’Antonin Artaud au Mexique.

Chihuahua, territoire du nord du Mexique — idéalisé par Artaud pour la résistance de la culture Rarámuri face à la civilisation occidentale — est à présent le repère des barons de la drogue, des ateliers de misère, de féminicides en série, d’oppression envers les immigrants, de corruption, de dégradation des peuples indigènes, et autres transgressions des droits de l’homme.

Au fil des années, cette destination rêvée par l’auteur du Théâtre de la cruauté a beaucoup évoluée mais pas nécessairement vers la voie du progrès, à l’image même de l’espèce humaine.

S’évader de soi, annuler une part de ce que nous croyons être, effacer des parties fondamentales de nos identités afin de se retirer ou tomber de nouveau dans nos habitudes et nos vices, abandonner ce que nous privilégions le plus, cesser la vie «normale», remettre à plus tard, s’éliminer soi-même, s’autodétruire comme une mesure nécessaire afin d’accomplir sa vie, de devenir, d’être.

En utilisant des éléments naturels et matériaux de chantiers en démolition, une nouvelle série de sculptures sera improvisée dans les rues de Paris, aux mêmes endroits fréquentés par le poète dans les années 30. Elles seront présentées à la galerie avec d’autres images et témoignages de transformation, issues à la fois de l’esprit d’un sublime transgresseur, et de l’âme du paysage dans lequel nous vivons.