ART | EXPO

Au bout, le sud et après encore

18 Avr - 18 Mai 2013
Vernissage le 17 Avr 2013

Ce projet mené sur la «Vallée de la Chimie», zone industrielle de Lyon, avec les étudiants de l’Ensba Lyon et la complicité du CAP a permis à ces derniers de s’interroger sur le monde ouvrier au travers des thématiques du déplacement et du décalage et de travailler avec tous les médiums: dessin, photographie, vidéo, écriture, son...

Charlotte Audoynaud, Julien Benoit, Océane Bruel, Mona Chancogne, Stéphanie Clauzel, Nolwenn Duguéperoux, Rémi Fargeat, Aoife Field, Mael Gros, Luke James, Karolina Kyriaki Krasouli, Lou Masduraud, Fabrice Mouyon, Nina Patin, Elisa Peyrou, Marilou Poncin, Tristan Rémy, Mileva Testas, Lucas Volpe, Ludivine Zambon
Au bout, le sud et après encore

Le projet sur la «Vallée de la chimie», conduit dans le cadre d’un Atelier de Recherche et de Création avec les étudiants de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon par Monique Deregibus et Guillaume Janot, professeurs et artistes, est accueilli au Centre d’Arts Plastiques de Saint-Fons. Cette exposition est le résultat de trois ans de travail avec des étudiants autour de la question du déplacement, du décalage et résulte d’une collaboration entre deux institutions l’Ensba et Le CAP, collaboration soutenue grâce à la complicité attentive d’Anne Giffon-Selle, Directrice du CAP.

Proposition de partir à la découverte d’un monde «autre» à quelques pas de l’Ecole située sur les quais de Saône dans le Lyon intra muros, avec pour seul investissement (seule «mise de fonds» pour chacun/e): un ticket de bus, rendant l’aventure accessible.

Nous avons décidé d’aller arpenter ce territoire particulier nommé «Vallée de la chimie» en raison de l’existence d’entreprises présentant de forts risques d’accidents industriels, pour certaines classées Seveso 4, qui dès le XIXe siècle puis tout au cours du XXe, auront fondamentalement participé à la création de la richesse économique des villes alentour.

D’un lieu à l’autre, d’une interdiction à une autorisation, il s’agissait d’interroger la question des frontières et des limites de l’espace urbain tel que nous le réceptionnons généralement et qu’il nous représente, ici à Lyon –précisément– particulièrement concentré intra muros. Si près si loin… Il y aurait donc, au cœur de ce déplacement dans ces lieux industriels tout proches, un fort désir de rendre possible un «copié collé inversé» pour que la périphérie en représentation, tellement imaginaire et lointaine, puisse se déployer jusqu’à nous pour opérer son étrange métamorphose et habiter désormais nos espaces de représentation. Parce qu’il nous semblait en effet que ce territoire demeurait l’impensé, le refoulé en quelque sorte de la ville, son négatif.

Aujourd’hui ce lieu est en totale reconfiguration, miroir fidèle des turbulences du monde qui nous entoure, et doit à ce titre nous permettre d’interroger notre société contemporaine dans son fonctionnement, avec tous les effets connus des délocalisations par exemple, puisque un grand nombre d’usines a déjà fermé ou est sur le point de le faire. Nous avons d’ailleurs été témoins en direct de la destruction de l’usine BASF de Saint-Fons –un symbole fort.

Les questions d’ordre économique, sociologique, politique qui se sont alors posées nous ont amenés à interroger la possibilité de représenter un monde fragilisé qui s’efface et s’effrite: le monde ouvrier.

Ce projet a dès son origine été très ouvert, afin de permettre aux étudiants d’utiliser toutes sortes d’outils en fonction de leurs désirs de retranscription: dessin, photographie, vidéo, écriture, son… Ainsi, c’est à la rencontre d’un espace plus proche de l’idée du laboratoire que nous vous invitons, où s’entremêlent les éléments épars rencontrés de-ci de-là, qui, mis bout à bout, devraient reconstituer un puzzle à même de témoigner des expériences et des rencontres successives.

Tentative, aussi, pour redéfinir la fragilité des points de vue qui, d’une certaine manière, n’auraient ni début ni fin, mais proposeraient une photographie, au sens large du terme, d’un état des choses à un moment donné, tout en se rêvant la retranscription fidèle de l’implication de chacun et de chacune dans cette invitation au projet!

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