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ArtMenparis : Ashoura de Nermine Hammam

08 Fév - 31 Mar 2006
Vernissage le 07 Fév 2006

Photographies recomposées d’un rituel masculin: chaque année, à la veille du ramadan, la communauté chiite commémore l’assassinat d’un petit-fils de Mahomet, Husayn. Une ferveur proche de la transe, sanglante.

Lieu
ArtMenParis

Communiqué de presse
Chaque année, à la veille du ramadan, de nombreux membres de la communauté chiite se livrent à des commémorations particulièrement spectaculaires. Dans une atmosphère de transe mystique, des fidèles, souvent de jeunes hommes, se rassemblent pour de sanglants exercices de mortification.

Galvanisés par la ferveur de l’assistance, les flagellants miment avec leurs sabres des combats qui font écho au dernier combat d’Husayn, avant de s’entailler le sommet du crâne. Se frappant la tête en signe d’affliction, agités par la transe, ils ne tardent pas à se couvrir de sang, qui ruisselle sur leurs visages et leurs vêtements blancs de deuil.

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Ces scènes fascinantes, Nermine Hammam les a photographiées à Nabatieh, au sud du Liban. Mais c’est là seulement le point de départ de son travail: loin d’être donnés bruts, à la façon d’un photoreportage, ces clichés font ensuite l’objet d’un travail d’interprétation et de mise en scène graphique. Evoquant les aspects les plus irrationnels et les plus insondables de la spiritualité, la transe mystique, le désir du martyre, ces images se prêtaient moins qu’aucune autre à un regard frontal, mais imposaient au contraire l’empreinte visible d’une subjectivité, les signes forts d’une médiation esthétique. Une esthétique qui embellit et voile pour mieux faire sentir l’indicible – une esthétique de la douleur, une esthétique du sang versé qui évoque immanquablement les martyrs et les Passions de l’art chrétien.

A ces interférences thématiques parfaitement assumées entre champ oriental et champ occidental, s’ajoute une technique complexe fondée sur le principe de la plurivocité de l’image: Nermine Hammam prend d’abord des centaines de photos, avec des appareils très simples, utilisant même parfois des films périmés. Elle les fait développer dans des laboratoires de la région du Caire, sachant que les négatifs en reviendront souvent légèrement abîmés, laissant faire le hasard qui amènera telle ou telle détérioration sur les clichés. Elle scanne enfin les images obtenues. C’est là que commence son travail de graphiste – réalisé sur PhotoShop: œuvre de composition, dédoublement, superposition, interpolation, incrustation de textes, versets du Coran ou de la Bible, voire symboles tirés de la culture populaire, enfin filtres de couleurs ou effets de peinture rajoutée.

Infos pratiques
> Lieu
ArtMenParis
64, rue Notre-Dame de Nazareth 75003 PARIS
M° Strasbourg Saint-Denis
> Horaires
Uniquement sur rendez-vous
> Contact
Olivier Cerri
T. 06 68 20 19 69
cerri@artmenparis.com
www.artmenparis.com
> Entrée libre

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