LIVRES

Art absolument n°7

Revue saisonnière, Art absolument livre, pour cet hiver, un numéro où se mêlent les tendances : orientalisme, littérature, cinéma documentaire et art contemporain (Philippe Cognée, Cécile Bart, l’image dans l’art chinois contemporain).

— Directeur de la rédaction : Pascal Amel
— Éditeur : Art absolument, Paris
— Parution : hiver 2004
— Format : 21 x 27 cm
— Illustrations : nombreuses, en couleurs et en noir et blanc
— Pages : 98
— Langue : français
— ISSN : 1634-6556
— Prix : 10 €

Éditorial : De l’histoire de l’art considérée comme une branche de l’histoire ?
par Pascal Amel

On sait aujourd’hui que la culture en général et les œuvres d’art en particulier ne sont pas suffisantes pour arrêter la barbarie. Mais on sait également qu’elles peuvent se faire le témoin de ce qui s’est déroulé pour que cela n’ait plus jamais lieu — ou plus exactement pour que nombre d’entre nous ait conscience de ce qui s’est passé. Qu’elles sont le perpétuel combat de la vie (avec, le plus souvent, pour seules armes un pinceau, un stylo ou une caméra) contre la pulsion de mort — le refus de la différence, la haine de soi et de l’autre — qui toujours se love dans l’instrumentalisation idéologique des hommes : car, bien entendu, Guernica — l’œuvre — ne dénonce pas seulement le martyr d’une petite ville espagnole pendant la guerre civile de 1936, elle est la preuve concrète que l’irréductible humain perdure.

Il est vain d’essayer de comprendre l’émergence de certaines œuvres d’art en nonobstant le contexte dont elles proviennent; et plus vain encore d’imaginer que les artistes, qui sont des êtres doués de sensibilité et de raison, ne ressentent pas la souffrance et le scandale de certaines situations sans tenter avec leurs faibles moyens (faibles au regard du pouvoir politique ou hégémonique des Maîtres du moment) d’y remédier à leur manière : dans ce numéro d’art absolument, le bruit et La fureur de l’histoire est évoquée. À chaque fois, la réponse symbolique des artistes est certes précaire, mais essentielle — vitale : elle échappe à la table rase des régimes totalitaires (au déni de la civilisation et de la culture qui s’y instaure) ; elle dénonce les lieux communs (la bêtise, la démagogie, l’air du temps) qui pèsent sur toute société basée sur l’assentiment du plus grand nombre ; elle fait reculer toute pensée unique, toute prérogative, toute exclusion.

Elle est à la fois dénonciation et témoignage, mais aussi baume, espoir, ouverture.

(Texte publié avec l’aimable autorisation de Pascal Amel)