ART | EXPO

Architecture(s)

25 Jan - 09 Mar 2014
Vernissage le 24 Jan 2014

Le travail de ces huit artistes revisitent l’objet architectural à travers la photographie et s'articule autour des notions de construction, déstructuration et mutation. Ces différents points de vue permettent de saisir les principaux enjeux de la relation entre l'art contemporain et l'architecture.

Hervé Beurel, Florence Chevallier, Jocelyn Cottencin, Christo, Stéphane Couturier, Jenny Holzer, Benoît-Marie Moriceau, Georges Rousse
Architecture(s)

L’exposition «Architecture(s)» met en regard deux collections pour explorer la question de l’architecture dans l’art contemporain, analysée à travers l’utilisation de la photographie. Les œuvres de l’artothèque de Vitré et du Fonds départemental d’Ille-et-Vilaine se situent au croisement de différentes disciplines (arts plastiques, urbanisme, sociologie). Elles nous présentent une vision de la construction, la déstructuration et la mutation de lieux architecturaux. L’exposition s’organise autour de trois démarches artistiques: la captation du réel, l’intervention de l’artiste in situ et la mise en scène.

La ville moderne, ses transformations incessantes, le répertoire des formes qu’elle constitue offrent aux photographes la possibilité de rendre compte d’une certaine typologie architecturale. Le diptyque Grand ensemble d’Hervé Beurel a été réalisé dans l’immeuble le Penthièvre construit par l’architecte Georges Maillols. Les quelques indices prélevés dans ce bâtiment révèlent le caractère emblématique d’un tel programme urbain, son ambition sociale et architecturale et la part d’utopie qui y subsiste. L’artiste s’intéresse à la réalité des matières et des formes pour en donner une vision abstraite en privilégiant toujours un vocabulaire visuel minimum: prise de vue frontale, cadrage très serré, à l’échelle de l’objet. Stéphane Couturier se consacre quant à lui, aux chantiers urbains en construction ou en requalification, qu’il explore avec la précision d’un topographe. Il montre l’état éphémère des sites, leur transformation voire leur disparition. L’ancienne usine Menier à Noisiel, en Seine-et-Marne, réhabilitée pour le siège de Nestlé, lui donne l’occasion de se transformer en archéologue urbain. Il fond dans un même plan poutrelles du passé, échafaudages du présent et couleurs du futur. C’est cet entre-deux temporel, ces lieux en transition, le télescopage entre la sédimentation de matériaux anciens et les éléments architecturaux nouveaux qui l’intéressent.

Certains artistes interrogent les mécanismes de perception des espaces en intervenant directement sur l’architecture. C’est le cas de Christo et de Jeanne-Claude dont l’œuvre consiste en l’«empaquetage» de lieux, de bâtiments, de monuments, de parcs et de paysages. Le couple s’intéresse à la structure, à l’usage, à la beauté ou à la dimension symbolique des lieux sur lesquels ils interviennent temporairement et qu’ils révèlent en cachant. Parmi leurs œuvres, on citera Valley Curtain (1972) où un rideau orange de 351 m de large et de 111 m de haut barrait une vallée dans le Colorado, ou encore les Surrounded Islands (1983), onze îles au cœur de Miami, qui servaient de décharge, qu’ils encerclèrent d’une ceinture flottante de tissu rose fuchsia.

Par une mise en scène du corps dans des espaces urbains ou architecturaux, les photographes peuvent également proposer une image ambiguë, aux marges du réel et de l’imaginaire. A travers plusieurs écritures formelles (la théâtralité, la picturalité, la captation du réel), Florence Chevallier met en évidence les rapports qui se tissent entre l’environnement, l’architecture et le corps. L’architecture qu’elle révèle n’est pas seulement physique mais également psychique. Dans sa série photographique l’Enchantement, l’image d’un couple se trouve éclatée en plusieurs prises juxtaposées sur l’image finale. A certains moments, l’expérience de la durée et du mouvement est conservée par l’artiste à la manière d’une planche contact. À d’autres, c’est une continuité de type filmique qui est suggérée.

«Architecture(s)» n’est pas une tentative d’analyse de la photographie d’architecture comme genre, mais de restituer un ensemble de propositions d’artistes revisitant l’objet architectural. Leurs différents points de vue permettent d’en saisir les différents enjeux: sa valeur, le potentiel qu’elle porte, non seulement en terme de fonctionnalité, mais plus encore en terme de sens.

 

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