ART | EXPO

Après

20 Jan - 13 Mar 2021
Vernissage le 20 Jan 2021

Pour la première fois depuis sa rétrospective au centre Pompidou l'année dernière, Christian Boltanski revient cet hiver à Paris, à la galerie Marian Goodman, avec l'exposition « Après ». Les œuvres, produites pendant le confinement, procèdent à une exploration critique de son subconscient et de notre époque.

Le rez-de-chaussée et le sous-sol  de la galerie permettent à Christian Boltanski de proposer au spectateur une expérience immersive et cohérente, à travers des sculptures et des installations vidéo. Comme il le dit : « L’expérience que je souhaite pour le public qui vient visiter chacune de mes expositions n’est pas forcément de comprendre mais de ressentir que quelque chose a eu lieu».

Rétrospective sur une vie tissée de hasards

Les installations vidéo Les Disparus (2020) et Subliminal (2020) déploient sur d’immenses rideaux des images Getty libres de droit, représentatives d’une fabrique du bonheur au XXe siècle, d’un bonheur artificiel et hypocrite. C’est une exploration critique du subconscient de l’artiste, et à travers lui de son époque. Selon lui,  ces « vidéos clichées d’une vision fabriquée du bonheur recèlent des images subliminales des horreurs qui ont eu lieu au cours du siècle où je suis né et qui se sont déroulés en parallèle d’une partie de ma vie ».

À soixante-dix-sept ans, après une carrière mondiale, commencée en 1968 au théâtre du Ranelagh, et récemment couronnée par une rétrospective au centre Pompidou, Christian Boltanski réalise ce que Merleau-Ponty appelait « ce moment humain par excellence où une vie tissée de hasards se retourne sur elle-même, se ressaisit et s’exprime ». Là est peut-être l’expérience en art : la capacité à regarder en arrière, à faire la synthèse entre le passé et l’après.

Le monde ne sera plus jamais comme avant

Les œuvres exposées à l’étage ont été réalisées pendant le premier confinement français, en mars 2020. Avec « Les Linges » (2020), des formes de meubles, de chaises, de chariots, de landaus se perdent sous une masse blanche cotonneuse et informe, comme de fantomatiques témoins d’un espace abandonné.

Sur le mur en face, on distingue des visages d’enfants, qui se révèlent avec la tombée du jour, dans une interaction dynamique avec le lieu et le passage du temps.

La projection vidéo silencieuse, en noir et blanc, continue dans l’escalier, jusqu’à la salle en devenir où brillent les LED prophétiques de l’installation de 2010 : APRÈS.