DESIGN | EXPO

Parcours permanent

04 Avr - 30 Avr 2019

Installé sur le site d'une ancienne verrerie royale à charbon, le Musée/Centre d'art du Verre de Carmaux est aujourd'hui fermé pour travaux, d'une durée indéterminée. Retour sur la collection et le parcours permanent de ce lieu d'exposition et de résidence, entre musée et centre d'art.

Alors que se profile la neuvième Biennale des Verriers (du 4 au 6 octobre 2019), c’est l’occasion de présenter, à rebours, la collection du Musée/Centre d’art du Verre de Carmaux. Entre exposition annuelle et parcours permanent, le fonds du Musée du Verre de Carmaux (près de Toulouse) totalise trois-mille œuvres. Un fonds structuré en quatre axes : le fonds gallo-romain, le fonds verreries forestières, le fonds verrerie proto-industrielle et industrielle, et le fonds verre contemporain. Entre archéologie, histoire et création actuelle (en tant que centre d’art), le Musée de Carmaux tient une position singulière. Ou plutôt « tenait », puisque depuis avril 2019, le Musée/Centre d’art du Verre de Carmaux est fermé pour travaux. Une opération lourde, initiée plus tôt que prévu (octobre 2019, à la base), avec des travaux d’une ampleur suffisante pour compromettre la réouverture du Musée (2021 ?). Soit une profonde restructuration pour un projet atypique : conjuguer histoire et création contemporaine.

Le Musée/Centre d’art du Verre de Carmaux : du verre gallo-romain à aujourd’hui

Le fonds gallo-romain et médiéval inclut des fragments en verre, métal et céramique du nord du Tarn. De ciblage local, le fonds verreries forestières court du XVe au XIXe siècle. Il se concentre sur les spécificités techniques et esthétiques de la verrerie du Languedoc. Le fonds verrerie proto-industrielle et industrielle coïncide avec l’un des tournants de l’histoire du verre : l’industrialisation. Dans ce domaine, l’une des structures les plus connues, à l’échelle mondiale, hier comme aujourd’hui, reste Saint-Gobain. Soit la Manufacture royale des glaces, fondée en 1665 par Jean-Baptiste Colbert, et qui aura servi à créer la Galerie des Glaces. Le Domaine de la Verrerie de Carmaux s’inscrit aussi dans cette histoire. De 1754 à 1861, le site aura servi de verrerie royale, à charbon. Si le fonds contient peu d’objets de cette période proto-industrielle, il en garde surtout la matrice : le lieu de production, avec ses salles voûtées.

L’art verrier contemporain : entre artisanat, industrie et art

Quant au fonds verre contemporain, il reflète la dynamique du Centre d’art de Carmaux. Lieu d’accueil d’artistes verriers en résidence, le Musée du Verre aura fait la jonction entre hier et aujourd’hui. Entre technique, art, artisanat et industrie. En 2010, le Lauréat 2017 du Prix L’Œuvre de la Fondation Ateliers d’Art de France, Antoine Brodin, y avait notamment effectué une résidence. Actuellement, le mot « verre » désigne quantité de matériaux et alliages aux propriétés différentes. Raison suffisante pour tenter de combiner les techniques et entretenir les liens entre verrerie industrielle et verrerie d’art. C’est d’ailleurs ce qu’aura fait le Musée/Centre d’art du Verre de Carmaux en organisant, depuis 2003, la Biennale des Verriers. Vaste lieu en suspens, le Domaine de la Verrerie présentera début octobre sa neuvième biennale verrière. Peut-être la dernière occasion de profiter des activités organisées par le Musée/Centre d’art du Verre de Carmaux.