ART | EXPO

Annunciation with nosebleed : refusing in Chatou

05 Mar - 05 Juin 2016
Vernissage le 05 Mar 2016

Les substances qui s'échappent de nous sont des unités de sens, selon l’artiste britannique Camille Wills. En partant d’une scène d’Annonciation dans laquelle Marie saigne du nez lors de l’annonce par l‘ange Gabriel, Camille Wills élabore son exposition «Annunciation with nosebleed: Refusing in Chatou» et appuie ainsi sa conviction.

L’exposition de l’artiste Camilla Wills «Annunciation with nosebleed: Refusing in Chatou» se compose de 10 panneaux Untitled, de l’installation New-Born on a Tram, de la vidéo Video as a thin skin and shallow breath et d’une oeuvre en extérieur, Sweat panel.

Le point de départ de cette exposition est la description que l’écrivain Gillian Rose fait d’une scène d’Annonciation peinte par un artiste belge dans son livre Love’s Work (1995). Immédiatement après avoir discuté avec un ami atteint du SIDA, Gillian Rose raconte très brièvement cette annonciation dans laquelle Marie saigne du nez au moment où Gabriel vient lui annoncer la nouvelle, en partie parce que la descente de l’ange fait changer la pression atmosphérique.

Sans doute inspirée autant qu’intriguée par cette histoire en apparence anecdotique de la Bible, Camilla Wills conçoit ses diverses œuvres et installations autour de la notion d’orifices permettant les flux d’émotions et par lesquels les interactions les plus intimes, et donc cruciales, s’opèrent.  C’est cela qui fait affirmer à Camilla Willis avec d’autant plus de conviction : «ce sont les orifices qui connectent les gens au monde. Soupirer, contempler, vomir, déféquer, les voies de sortie. Les substances qui s’échappent de quelqu’un, la sueur, la voix, l’énergie, sont des unités de sens. Autant de manières de représenter et d’échanger ces torrents et flux éphémères.». Si même la très sainte mère de Jésus n’échappe pas aux aléas de ses orifices, c’est qu’ils doivent en effet avoir sur nous une emprise incontournable…