ART | EXPO

Futur, ancien, fugitif

16 Oct - 05 Jan 2020
Vernissage le 14 Oct 2019

L’exposition « Futur, ancien, fugitif » au Palais de Tokyo réunit des œuvres de quarante-quatre artistes ou collectifs d’artistes nés entre les années 1930 et les années 1990 et entretenant un rapport provisoire ou durable avec la France. A travers ces créations très variées, peintures de Jean-Luc Blanc, dessins de Corentin Grossmann, sculptures de Jean Claus et de Nils Alix-Tabeling, films de Lili Reynaud-Dewar et de Mali Arun ou encore installations de Marc Camille Chaimowicz et de Nathalie Du Pasquier, se dessine « une scène française ».

L’exposition « Futur, ancien, fugitif » au Palais de Tokyo offre un vaste panorama de la scène artistique française contemporaine. Les œuvres, des photographies de Pierre Joseph à une installation sonore d’Anne Le Troter, d’une peinture de Nathalie du Pasquier aux dessins d’Alain Séchas, sont très hétérogènes. Pourtant, elles sont représentatives de l’art contemporain en France et composent un paysage mouvant traversé d’échos, de parentés, de passerelles ou au contraire de singularités.

« Futur, ancien, fugitif » : la scène française au Palais de Tokyo

Sous-titrée « Une scène française », l’exposition repose sur une conception ouverte de l’inscription territoriale et réunit des artistes nés et vivant en France ou à l’étranger, mais qui sont liés provisoirement ou durablement à ce pays. Elle tente de mettre à jour les voies par lesquelles circule l’air du temps dans lequel évoluent simultanément quarante-quatre artistes ou collectifs d’artistes nés entre les années 1930 et les années 1990.

Le titre de l’exposition, « Futur, ancien, fugitif » est tiré de l’ouvrage éponyme d’Olivier Cadiot qui a fait de l’expérience de la création et de la marque du temps des éléments centraux de son écriture. Le personnage décalé et comme hors du temps que ce livre mettait en scène correspond aux quarante-quatre témoins que rassemble l’exposition, rendant compte d’un présent insaisissable.

Photos de Pierre Joseph, sculptures de Jean Claus, film de Lili Reynaud-Dewar

Le parcours commence par une section regroupant des œuvres d’artistes qui ont fait du présent un sujet d’étude. Un nouvel ensemble de Photographies sans fin de Pierre Joseph montrant des tas de mûres et de pommes de terre évoquant l’avenir frugal que dessine la situation écologique. Les sculptures qui constituaient initialement l’œuvre intitulée La Grosse bleue d’Anita Molinero, désormais écrasées et suspendues, illustrent les interrogations actuelles de l’artiste autour du problème du stockage. Les sculptures hybrides de Nils Alix-Tabeling et celle anthropomorphes de Jean Claus témoignent de l’inspiration que certains artistes contemporains trouvent dans des récits fondateurs immémoriaux.

La suite de l’exposition bascule dans une dimension plus intimiste avec des œuvres nourries de fictions personnelles ou de réflexions sur l’identité et le genre. Ainsi un ensemble de photographies instantanées et numériques photographies de Julien Carreyn et son nouveau film tourné dans la Meuse, intitulé Les anciennes auberges de jeunesse, entretiennent une ambiguïté par leur aspect faussement amateur, de même que les sculptures suggestives de Jean-Charles de Quillacq.

La dernière partie de l’exposition se penche sur la potentielle portée de l’histoire intellectuelle, culturelle et politique, notamment à travers une série d’œuvres olfactives d’Antoine Renard inspirées par la célèbre sculpture La Petite Danseuse de quatorze ans d’Edgar Degas et un film de Lili Reynaud-Dewar explorant les rapports entre l’art et la gentrification.