ART | EXPO

Angelo Filomeno

05 Mai - 16 Juin 2007
Vernissage le 04 Mai 2007

L’artiste italien basé à New York Angelo Filomeno présente huit tableaux brodés à la main sur soie et surpiqués à la machine. Trois sculptures sont également présentées qui exploitent la symbolique néo-baroque.

Angelo Filomeno
Angelo Filomeno

Pour la seconde fois la galerie Anne de Villepoix consacre une exposition personnelle à Angelo Filomeno, artiste italien basé à New York. Il investit cette fois-ci l’ensemble de l’espace de la galerie en montrant huit tableaux brodés à la main sur soie et surpiqués à l’aide d’une machine Singer. Trois sculptures sont également présentées qui exploitent la symbolique néo-baroque. Dans une salle close est ainsi suspendu un casque de chevalier du moyen-âge en soie brodée, serti de cristaux et de quartz, et ornée d’un foisonnement de plumes de paon, de coq, de faisan et d’autruche, tandis que trois photographies représentant ce même heaume le cernent pour mieux démultiplier sa perception dans un troublant jeu de miroir.

Si l’univers d’Angelo Filomeno rappelle le néo-baroque, il est avant-tout extrêmement personnel et poétique. Son vocabulaire esthétique est précieux, élégant, et oscille entre la tradition artisanale de sa région natale des Pouilles (Sud de l’Italie) et la technologie moderne. De cette alchimie si particulière naît un monde imaginaire riche en symboles – coqs, squelettes, crânes (humains et animaux), créatures abyssales – qui s’inscrit dans une allégorie permanente de la vie et de la mort. Filomeno le dit lui-même, il explore le côté obscur de la psyché universel… tout en puisant son symbolisme dans les théories de Jung sur l’inconscient collectif. Il ne renie d’ailleurs ni ses influences ni ses maîtres. Ainsi de son œuvre Desintegrating Albrecht où le célèbre Autoportrait avec fleur de ricin de Dürer (1493, Musée du Louvre) est brodé sur soie dans une multitude de tons verts qui laissent transparaître à la fois l’éternelle persistance du génie et la disparition annoncée de la beauté en ce monde.

Se poser en moralisateur ou en psychologue de notre société n’est pourtant pas l’intention d’Angelo Filomeno. A l’instar du courant néo-baroque, il opère d’avantage une synthèse entre la rigueur conceptuelle, politique et formelle héritée du post-modernisme et une pratique artistique dénuée de complexe, provocante et clairement narrative. Cette sensibilité nouvelle se retrouve dans ses constellations de cristaux entourant des crânes argentés qui flottent sur fond de sombres paysages minimalistes.

De même lorsque, pour dépeindre «l’inquiétude abyssale», un poisson dévorant un lézard se transforme en une créature effrayante évoluant dans un univers strié de bandes grises et noires. Enfin, la vanité de l’homme s’expose en toute humilité: surmonté d’un coq gras, portant un crâne à la main, un élégant squelette évolue tel un saltimbanque sur un fil tendu dans un univers monochrome argenté et glacial.