ART | EXPO

Quand faire c’est dire

20 Fév - 12 Mai 2019

L’exposition « Quand faire c’est dire » au Palais de Tokyo dévoile des installations vidéo créées par Angelica Mesiti de 2012 à 2017, à travers lesquelles l'artiste australienne explore les potentialités du langage non-verbal et le rôle social de la performance et de la musique.

L’exposition « Quand faire c’est dire » au Palais de Tokyo dévoile des installations vidéo d’Angelica Mesiti autour du langage non-verbal. Le titre de l’exposition, « Quand faire c’est dire », s’inspire de celui d’un ouvrage du philosophe du langage John Langshaw Austin qui regroupe une série de conférences qu’il avait données en 1955, publiée sous le titre Quand dire, c’est faire. Le philosophe y développait l’idée selon laquelle, contrairement à ce qui était jusque-là admis, un énoncé ne se limite pas forcément à décrire un état de fait, à être constatif, car certains sont eux-mêmes l’acte qu’ils désignent. Il nomme ces derniers des énoncés performatifs. Son analyse bouleverse la linguistique en ouvrant un nouveau champ : la théorie des actes de langage.

« Quand faire c’est dire » : installations vidéo d’Angelica Mesiti

Le retournement symbolique de l’énoncé performatif décrit par John Langshaw Austin illustre la le travail qu’Angelica Mesiti développe depuis plusieurs années autour de la communication non-verbale. Résultant à la fois de longues recherches et de rencontres fortuites, ses installations vidéo s’intéressent aux potentialités du langage hors de la parole et de l’écriture. Pour sa première exposition personnelle dans une institution française, sont rassemblées des œuvres emblématiques qu’elle a réalisées entre 2012 et 2017, et qui n’ont pour la plupart jamais été présentées en France.

Angelica Mesiti explore les potentialités du langage non-verbal

Les installations vidéo d’Angelica Mesiti se déploient avec ampleur dans la Galerie Seine, générant un parcours immersif de plus en plus expérimental au fur et à mesure de la visite. Le visiteur est convié à y participer activement. L’enjeu de ces dispositifs est l’exploration du « rôle social de la performance et de la musique ». L’artiste étudie la façon dont l’une et l’autre « peuvent créer du lien dans des structures collectives ». Pour cela, elle crée de nouveaux langages à partir de systèmes existants : elle réalise hors de leur contexte d’origine des performances musicales provenant de pays lointains, organise une chorale en langue des signes dans la vidéo Silent Polyphony, ou encore adapte par la musique, la danse et la sculpture un message codé en Morse dans l’installation vidéo Relay League.