ART | EXPO

All-in-One

21 Mar - 11 Mai 2014
Vernissage le 20 Mar 2014

À la croisée de l’art pop, sériel et optique, l’artiste allemand Thomas Bayrle développe un langage visuel singulier, entre expérimentation et subversion. Ses œuvres interrogent les valeurs et les normes des systèmes politiques et économiques par le recours à des questions de société telles que l’économie, l’architecture, la sexualité ou encore la religion.

Thomas Bayrle
All-in-One

L’IAC présente, en collaboration avec le WIELS de Bruxelles, le MADRE de Naples et le BALTIC de Gateshead, la première grande rétrospective française de l’artiste allemand Thomas Bayrle, un pionnier de l’art Pop. «All-in-One» rassemble plus de deux cents œuvres produites tout au long de sa carrière, depuis le début des années 1960 jusqu’à ses toutes dernières productions réalisées spécifiquement pour l’IAC.

L’exposition «All-in-One» présente un ensemble d’œuvres retraçant les périodes importantes et la variété des pratiques de Thomas Bayrle: des machines cinétiques de ses débuts aux collages, peintures, papiers peints, films, productions et publications graphiques, puis sculptures et modèles architecturaux utopiques ou dystopiques, jusqu’à ses installations mécaniques les plus récentes.

À la croisée de l’art pop, sériel et optique, Thomas Bayrle développe un langage visuel singulier, entre expérimentation et subversion. Artiste majeur en Allemagne et reconnu depuis longtemps par la sphère artistique internationale, Thomas Bayrle exerce une influence qui a été déterminante pour toute une génération d’artistes, à travers son rôle de professeur à l’école d’art de Francfort (1975-2002) et son métier de graphiste qu’il exerce notamment dans le domaine de l’édition (Gulliver Presse qu’il cofonde en 1960).

Dans les années 1960, pendant la Guerre froide, Thomas Bayrle amorce un travail qui intègre aussi bien des symboles du capitalisme que du communisme et questionne les mécanismes de la communication et de la production d’images dans la société de masse. Influencé par son environnement de proximité à Francfort — entre autres par l’Institut de Recherche sociale (qu’on appellera plus tard l’Ecole de Francfort) dont la théorie critique confronte la philosophie, l’histoire et la sociologie aux enseignements du marxisme et de la psychanalyse — Thomas Bayrle adopte une attitude contestataire en détournant les codes de la publicité.

Par la répétition d’un seul et même motif, il génère des images proches du Pop art et de l’Op art. S’il s’intéresse, comme le Pop art américain, à la vie sociale et aux biens de consommation, c’est moins dans une approche esthétisée que dans une visée politique. Il étend ainsi ses recherches visuelles aux flux de circulation et aux grands ensembles urbains, sujets de société plus engagés. Suivant un principe de trame voire de tissage qui structure un grand nombre de ses productions, il fait apparaître une forme d’unité dans la multiplicité, avec un langage visuel et formel qui lui est propre.

Depuis le début de son travail, Thomas Bayrle n’a eu de cesse d’interroger les valeurs et les normes des systèmes politiques et économiques par le recours à des questions de société telles que l’économie, l’architecture, la sexualité ou encore la religion. Aujourd’hui, dans un contexte mondialisé, son œuvre met en perspective un système dans lequel chacun des éléments n’est définissable que par les relations qu’il entretient avec les autres, selon un processus de fragmentation et un changement d’échelle permanents et d’interconnexions du micro au macro, autrement dit, en langage publicitaire, le tout en un: «All-in-One».

Commissariat
Nathalie Ergino et Devrim Bayar

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