ART | EXPO

Alexis Judic

12 Jan - 06 Fév 2013
Vernissage le 12 Jan 2013

En résidence à l’École Municipale des Beaux-Arts de Châteauroux depuis octobre 2012, Alexis Judic présente une exposition d’œuvres récentes dont deux d'entre elles réalisées au cours de la résidence.

Alexis Judic

Diplômé de l’École des Beaux-Arts du Mans, Alexis Judic crée des peintures et sculptures en s’inspirant de formes architecturales croisées sur son chemin au cours de ses nombreux voyages ou découvertes, via des documents sur internet, ou autre support documentaire.

Il s’intéresse aux histoires actuelles ou passées qu’elles racontent, et tente de faire ressurgir cette mémoire au travers d’un travail de reconstruction qui associe des références multiples.

Brassioux est une série de peintures inspirées des ensembles pavillonnaires, dont les formes types se répètent d’une ville à l’autre, comme une matrice, et dont il réplique ici le processus dans sa peinture.

La silhouette des maisons détermine un plan, lui-même retravaillé avec des motifs, selon le principe des camouflages Dazzles utilisés pendant la guerre pour camoufler les navires, et qui paradoxalement, amplifiaient leur présence visuelle plutôt qu’ils ne les cachaient, en raison d’un jeu visuel percutant, proche du style constructiviste.

Drop city fait également référence au principe de l’habitat collectif. Cette pièce représente trois formes géodésiques directement inspirées d’un village communautaire de hippies, de poètes et d’écrivains du Colorado. Témoin du temps passé, Drop city est une ruine qui témoigne de l’effondrement des utopies. Sa forme sphérique était caractéristique d’une forme architecturale adaptée au nomadisme et à l’errance.

Alexis Judic présente également une série d’aquarelles qui transpose les codes graphiques de maisons vues dans des pages d’annonces immobilières. Il est sensible à la pente, à la ligne, à la forme oblique des toits et a répertorié les différentes toitures de pages de magazines, pour créer ainsi une valse de formes qui dansent dans le plan du tableau.

En contrepoint à ces formes dessinées et légères, une sculpture en bois d’allure massive trône dans la deuxième salle de la galerie. Empreinte visuelle d’une cheminée vue sur un toit, dont les proportions rocambolesques ont retenu l’intérêt de l’artiste, et qui devient ici un objet architectural à part entière.

Les peintures ou sculptures d’Alexis Judic ramènent ainsi à la surface les histoires propres à la vie des formes. Derrière leur calme apparent, elles révèlent des situations conflictuelles.

En changeant d’échelle, en cadrant, recomposant, combinant ou simplifiant les formes, Alexis Judic les interprète et propose à celui qui les regarde de se mettre dans la même disposition, afin de cultiver le rapport à son environnement.