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Alexey Titarenko, Ingar Krauss

11 Fév - 26 Mar 2016
Vernissage le 11 Fév 2016

La galerie Camera Obscura réunit les deux photographes Alexey Titarenko et Ingar Krauss. Les compositions optiques de l’un et les perspectives urbaines de l’autre dessinent en écho un monde où le temps imprime ses couches successives, à la limite de l’abstrait.

Alexey Titarenko, Ingar Krauss

Cette exposition rassemble deux photographes que la galerie Camera Obscura accompagne depuis plusieurs années. Leurs travaux ont en commun qu’ils semblent éveiller un écho du passé dans le monde actuel des images: les natures mortes de Krauss font songer aux expérimentations abstraites des modernistes des années trente, tandis que les photographies de villes de Titarenko évoquent les couches successives du temps qui les ont façonnées.

Mais leurs oeuvres ne sont en rien des redites et des imitations. Titarenko et Krauss ont, chacun à leur façon, inventé un style qui porte l’originalité de leur vision. Leur modernité tient dans cette invention.

Alexey Titarenko a consacré une grande partie de son œuvre à la Ville. Une ville largement imaginaire et romanesque, particulièrement ancrée dans sa ville natale, Saint-Petersbourg, qu’il a photographiée alors qu’elle était encore dans sa patine du XIXème, hantée par les personnages de Dostoievski. Il a ensuite porté son regard sur Venise, La Havane, et New York où il habite désormais. Sa photographie, aux poses longues et aux tons sépias, évoque une étrange coexistence des époques, comme si des ombres du passé marchaient dans les rues d’aujourd’hui — à moins que ce soit au contraire la ville du passé qui surgisse, tel un décor fantomatique, derrière les passants contemporains. Titarenko, grâce à des virages et des traitements divers du papier argentique, sait donner à ses photographies une lumière et une couleur qui n’appartiennent qu’à lui et font partie de sa création.

Ingar Krauss a créé en 2014 une nouvelle série de natures mortes composées sur le thème du verre. Invité pour une résidence d’artiste à Iéna, importante ville industrielle et universitaire de Thuringe qui fut au XIXème siècle un creuset à la fois pour le romantisme allemand (Novalis, Schelling…) et les sciences naturelles, il pensait trouver là un sujet prolongeant ses travaux précédents sur la nature et l’homme, comme la chasse, les jardins. Mais il s’est trouvé que Iéna est aussi, de longue date, un centre à la pointe de la recherche et de l’industrie dans le domaine de l’optique. Il a donc eu l’idée de cette série pour laquelle il a utilisé des verres de haute technologie, possédant des propriétés spectrales particulières. Ces assemblages presque abstraits de lignes, de lumière et de couleurs, sont, dans certaines images, habités par une présence végétale qui apporte la complexité de la nature, de la vie, dans ces labyrinthes de verre.

Ingar Krauss travaille ses photographies comme des œuvres-objets qu’il façonne selon une technique et une esthétique qui lui est propre: il conçoit jusqu’aux encadrements des tirages argentiques qu’il réalise et colore de subtiles teintes à la peinture à l’huile.

 

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