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Scene

21 Fév - 28 Avr 2019

L’exposition « Scene » au Bal, à Paris, présente la série éponyme d'Alex Majoli, un travail photographique résultant de huit années de captation de diverses situations humaines à travers le monde. Suivant un protocole précis, l'artiste engage une réflexion sur les conditions de la théâtralité en photographie et explore les tensions entre document et œuvre.

L’exposition « Scene » au Bal, à Paris, présente le dernier projet photographique d’Alex Majoli, une série qui explore la notion de théâtralité en photographie.

Scene, la nouvelle série de photographies d’Alex Majoli

La nouvelle série de photographies qu’Alex Majoli a initiée en 2010, intitulée Scene, marque le début d’une nouvelle phase d’expérimentation dans sa pratique. Pendant huit ans, le photographe a sillonné le monde, de l’Europe à l’Asie, en passant par le Congo et le Brésil, pour capter divers événements, des plus cruciaux comme les manifestations politiques et les urgences humanitaires, aux plus anodins comme de simples moments de la vie quotidienne. Malgré leur diversité, ces images partagent un même type de lumière et une certaine dimension théâtrale.

La série Scene s’inscrit dans la démarche adoptée par Alex Majoli à partir de son travail sur la fermeture d’une institution psychiatrique grecque en 1994-1995, véritable tournant dans sa pratique. Dès lors, le photographe, influencé par le théâtre d’avant-garde italien des années 1970 et en particulier par les écrits du dramaturge Luigi Pirandello, s’intéresse à la théâtralité du quotidien.

Alex Majoli engage une réflexion sur la théâtralité en photographie

Les photographies réalisées par Alex Majoli pour la série Scene résultent d’une action performée. L’artiste, en s’immiscant dans une situation, en installant son matériel à l’aide de son assistant puis en se livrant à une prise de vue pouvant durer plus d’une heure, déclenche une sorte de spectacle auquel assistent les personnes photographiées, plongées dans un moment de vie. Bien qu’il ne parle pas à ces dernières et à fortiori ne leur donne aucune consigne, elles changent parfois leur comportement ou leur posture en anticipant l’image qui sera prise.

Prises le plus souvent en plein jour, les photographies en noir et blanc offrent un aspect très sombre dû à l’usage d’un puissant flash qui éclaire ce qui est proche, tout en plongeant le reste dans l’obscurité.Ainsi, toute les scènes captées par Alex Majoli semblent magnifiées. Cette démarche engage une réflexion sur les conditions de la théâtralité en photographie, sur les tensions entre document et œuvre et sur le caractère à la fois réel et fictif d’individus qui se tiennent en permanence dans un état de potentielle théâtralisation, dans un monde où tout est désormais considéré comme photographiable.