ART | EXPO

Alain Clément

30 Avr - 29 Août 2016
Vernissage le 30 Avr 2016

Alain Clément est à l’honneur au musée de Soissons avec 90 œuvres. Peintre et sculpteur comme Matisse ou Barnett Newman, Alain Clément inscrit du corps et de l’espace dans la peinture, et instaure un dialogue entre le corps et la sculpture. Le corps, l’espace, la couleur : une rencontre sensible entre les œuvres et les regardeurs.

Contemporain et ami des artistes de Supports/Surfaces et après une période formaliste dans les années 70, Alain Clément (né en 1941) développe dans les années 80 une peinture très colorée constituée de gestes simples jusqu’à saturation de l’espace du tableau. Depuis, valeurs, traits, lignes, rubans et trames travaillent l’espace, le nient, le forcent, le creusent, dans une oeuvre profuse, dépassant le formalisme et affirmant le pouvoir expressif et polysémique de la peinture.

Un grand tournant s’opère au début des années 90 vers la sculpture sous la forme de fragments de matériaux usinés, peints et assemblés comme un jeu de construction, puis de reliefs muraux en bois, dessinés d’un trait et peints. Puis la sculpture devient monumentale, faite de lames d’acier peint, de plaques plus arrondies, ou de rubans se lovant au sol, cette sculpture est celle d’un espace habité par l’homme.

Désormais, toutes les expositions d’Alain Clément mettent en évidence les aller-retour entre peinture et sculpture par leur confrontation. Pour lui, «la peinture a un corps et un espace propres» : elle est affaire de corps et espace, et c’est le geste qui lie l’ensemble. Le geste simple, celui de la main, du bras, du corps suivant les périodes et les formats ; celui qui cherche, qui analyse, qui scelle trait et espace, forme et couleur ; caressant, raturant, répétitif, ample, débordant, amoureux ; celui qui touche la toile, le papier, le bois, la terre et le fer, l’autre.

C’est ainsi que le trait, plus ou moins large, plus ou moins fluide, plus ou moins gonflé, est devenu le vocabulaire de l’oeuvre d’Alain Clément. Le trait parce qu’il est l’image la plus simple du geste et qu’il construit la toile tout autant que l’espace. Au trait se lie la couleur : flamboyante ou rabattue, aujourd’hui souvent constructiviste et contrastée, elle construit aussi l’espace, le troue ou le bouche, l’aplatit ou le dilate. Elle n’est jamais posée dessus, elle est dans ; dans la peinture, dans la sculpture.

Alain Clément s’inscrit dans le sillage des artistes du XXe siècle qui ont pratiqué la peinture et la sculpture comme Giacometti, Matisse, de Kooning, Barnett Newman, etc., dont les œuvres sont animées par une quête indissociablement artistique et humaine.
Pour Alain Clément, «Une sculpture n’est rien sans la confrontation physique avec son regardeur. L’échelle détermine l’espace qui donne l’expression, le sentiment». Une petite sculpture se regarde comme un objet intime, proche du corps ; une sculpture de l’envergure des bras est un corps à corps ; une sculpture monumentale est une maison, un espace où l’on se  promène, qui nous enveloppe. Pour Alain Clément, «l’échelle, c’est le plus important en sculpture parce qu’inévitablement elle vous révèle, désigne votre place, définit votre identité par rapport à elle».

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