ART | EXPO

Air Cambodia au Pavillon

17 Fév - 27 Mai 2005

Mélange entre exposition et workshop. Les murs sont laissés vides, images, objets et sculptures sont dressés dans l’espace, comme en attente et en questionnement. Une tentative opératoire pour exprimer la fragilité ou la finesse de l’assise des œuvres conçues à cette occasion.

Pascal Beausse, Marcelline Delbecq, Alice Guareschi André Guedes, Corentin Hamel, Nicolas Juillard, Ange Leccia, Anne-Laure Maison, Benjamin Lee Martin, Christian Merlhiot, Jorge Núñez, Mathieu Simon, Jean-Luc Vilmouth
Air Cambodia au Pavillon

Après un workshop de trois semaines à Phnom Penh au Cambodge, les six artistes et le commissaire résidents du Pavillon (Unité pédagogique rattachée au Palais de Tokyo) ainsi que l’équipe pédagogique, organisent une exposition de deux semaines au Palais de Tokyo, site de création contemporaine.

Le déplacement extrême, géographique, culturel, économique et politique a ici valeur d’expérimentation: s’adapter à des conditions de conception, de réalisation et de réception différentes de celles qui ont cours à Paris. Pour les artistes, c’est remettre en cause la pertinence de leurs oeuvres et de leurs pratiques, participer à une expérience de création collective.

L’exposition «Air Cambodia» au Palais de Tokyo se présente tout autant comme une exposition d’art contemporain que comme le résultat du workshop. Par son titre elle se réfère à une compagnie d’aviation internationale que le pays ne possède pas encore et ouvre à d’autres interprétations: l’air que l’on respire, ce qui est en suspension dans l’air…
Les conditions de vie au Cambodge, l’état de la société, questionnent l’action de l’artiste comme son statut. Où se situe la frontière entre l’image documentaire, l’image touristique, l’image d’art contemporain? Cette frontière est-elle perméable? Quelle signification offrent le détournement, le ready-made, le sampling, face à un pays pauvre, élevant l’artisanat et la contrefaçon au rang de production?
«Air Cambodia» accompagne ce questionnement d’une décision commune de déposer au sol toutes les pièces de l’exposition. Les murs sont laissés vides, images, objets et sculptures sont dressés dans l’espace, comme en attente et en questionnement. On ne sait s’ils se destinent à y être présentés ou s’ils ont été déposés au sol. On ne sait si l’on assiste au montage ou au démontage de l’exposition. Une tentative opératoire pour exprimer la fragilité ou la finesse de l’assise des œuvres conçues à cette occasion.

Le Pavillon
Unité pédagogique rattachée au Palais de Tokyo, le Pavillon est conçu comme un laboratoire de création, qui offre à ses participants un espace de recherche et de débats ainsi qu’un atelier de travail.
Placé sous la direction d’Ange Leccia, le Pavillon a ouvert ses portes à une première promotion d’artistes en novembre 2001. Coordonné par un responsable pédagogique, le travail au Pavillon est ponctué de workshops et de rencontres avec des artistes, architectes, critiques ou commissaires invités par l’équipe pédagogique ou les participants.