DANSE | SPECTACLE

Ainsi parlait…

13 Oct - 18 Oct 2014
Vernissage le 13 Oct 2014

Ce monologue dansé, librement inspiré de la pensée critique de Nietzsche, est le fruit de la collaboration entre le chorégraphe Frédérick Gravel et l’auteur Etienne Lepage. Une écriture sans compromis comme langage commun, ils démontrent par le geste comment danse et discours peuvent communément réfléchir la société, la dénoncer, et susciter chez le public cette légèreté de pensée, chère au philosophe de Zarathoustra.

Frédérick Gravel, Etienne Lepage
Ainsi parlait…

Jeter l’argent par les fenêtres de la beauté…, la sentence est lancée dès le début et condense tout ce qui va suivre. Sur scène, d’étranges personnages le prennent assurément. Avec ironie, ils discourent à tour de rôle sur eux, la société, le théâtre, la justice, le monde. Du témoignage aux réflexions métaphysiques, du verbiage aux diatribes politiques, il n’y a qu’un pas, de danse… La parole fait naître un geste, souvent en contrepoint, et l’expression corporelle prolonge le discours. Ainsi s’entremêlent et s’hybrident les langages. Le chorégraphe Frédérick Gravel et l’auteur Étienne Lepage provoquent nombre d’interrogations dont les interprétations semblent aussi multiples que nos subjectivités. Toujours est-il que le sens intime et politique crève peu à peu, pas à pas, l’apparence dérisoire des monologues et se régénère dans le mouvement.

Tout d’abord une langue dressée. Une langue qui crache, qui envoûte, qui en dit trop, ou pas assez. Puis, quelques gestes, des à-peu-près, lâches, qui appellent l’«évachage». Ainsi parlait… est le résultat d’un travail de recherché mené sur les mariages possibles entre la parole et le mouvement. Dirigée par l’auteur Étienne Lepage et le chorégraphe Frédérick Gravel, la recherche prend appuie sur le choc de leurs démarches respectives. Chacun de leur côté, ils secouent l’ordre établi, prennent leur époque à bras-le-corps, bousculent les codes du théâtre et de la danse. Réunis, le brillant auteur Étienne Lepage et le déjanté chorégraphe Frédérick Gravel engendrent un spectacle pop, baveux, diablement sexy.

De Nietzsche à Hendrix, entre harangue électrisante et postures décontractées. (…) Dans une gestuelle en perpétuel contrepoint avec des textes équivoques, quatre interprètes prennent en charge les contradictions d’une société. Le ton désinvolte et effronté de ces empêcheurs de penser en rond est un antidote à la morosité et à l’apathie, ils pratiquent un théâtre de combat, provocateur, téméraire, salutaire. Enchevêtrement des formes, fusion des énergies, Ainsi parlait… offre une experience de création qui promet de ne pas être tiède. Inclassable.