ART | EXPO

Aïeules

14 Fév - 08 Mar 2008

Sur une proposition de David Rolland, la galerie RDV propose une programmation sur l’intimié familiale,  le regard porté par un petit-enfant sur sa grand mère, sur le temps en marche. Avec des partis pris divers, ses vidéos renvoient à notre propre histoire.

Valérie Bert, Judith Josso, Murielle Durand-G, Brian Zaninsik
Aïeules

Cette programmation vidéo est un fruit du hasard : à quelques jours d’intervalle la rencontre de 3 jeunes femmes (2 artistes : Valérie Bert et Judith Josso et 1 critique d’art : Murielle Durand-G) ayant fait un film ou ayant le projet de faire un film sur leur grand-mère, avec des modalités (captation, montage, durée du travail) différentes. Le visionnage de rush ou des films finis a ensuite motivé le fait de rassembler, de montrer ces films ensemble. Sur les conseils de Christine Laquet, un outsider apparaît : Brian Zanisnik a aussi filmé sa grand mother.

Dans les films montrés, chacun impose son temps à sa manière : chez Murielle Durand-G, il y a urgence à filmer, à garder une trace, une mémoire, tandis que Judith Josso anticipe et filme au fur et à mesure des rencontres, renouvelle son film à chaque fois, perd une génération car elle travaille d’abord sur VHS, le film et ses qualités différentes rendant bien compte de ce temps étiré. Valérie Bert s’y prend aussi à l’avance et filme par étape, mais elle brouille les pistes en nous proposant un film où chaque élément apparaît comme un personnage de fiction, pendant un temps donné, qui paraît assez court. Brian Zanisnik filme sa grand-mère quand il a 13 ans et monte ses films 14 ans plus tard.

Dans Après l’hiver de Valérie Bert, le caméraman s’absente, constate, le monteur prend des bouts de vie, les compare, fait rebondir une action quotidienne. Murielle Durand-G provoque une interview (Matrimoine 1 et 2), la met en abîme (Dérushage) et propose à Yannick Pagrimaud de revisiter la vidéo obtenue. Judith Josso, avec Au fur et à mesure…, nous montre différents espaces intimes : espaces relationnels ou balades dans la maison, jusqu’au fond des placards. Enfin, Bryan Zanisnik scénarise, met en scène sa grand-mère dans une série de films. Celui projeté ici montre sa grand-mère en pleine guerre du Vietnam, chez elle!

Tous les films posent à leur manière la question de l’intimité familiale donnée à voir, de la trace, de la mémoire, de la mort à venir ou de l’identité. «A leur manière» car le style adopté, de la captation au montage, provoque chez le spectateur une relation, une projection différente à sa propre histoire, son propre vécu.