PHOTO | EXPO

Agonie

15 Oct - 04 Déc 2009
Vernissage le 15 Oct 2009

Membre de l’agence Magnum, Antoine d’Agata est un des photographes les plus influents de sa génération. Radicale, inclassable, son oeuvre est à la fois le manifeste d’une existence au bord du gouffre et la plus éprouvante expérience photographique contemporaine.

 

Antoine d’Agata, Rafael Garrido
Agonie

Antoine d’Agata et Rafael Garrido sont convenus, à l’été 2008, d’entamer une correspondance régulière à propos d’une sélection d’autoportraits du photographe. Rafael Garrido, écrivain espagnol, dont le dernier chapitre de la thèse “Le corps et la violence dans l’art contemporain” est dédié à l’oeuvre d’Antoine d’Agata, propose ici une lecture inédite de la photographie de d’Agata. Il s’agit pour une part de confronter l’expérience de l’artiste à des univers non photographiques mais marqués par les mêmes obsessions radicales et, plus encore, de pénétrer au coeur des addictions de toutes sortes qui brûlent cette
oeuvre.

Pour d’Agata, ”agonie” est l’occasion d’une expérimentation duelle de son parcours, d’une reconnaissance de ses paroxysmes intimes, à l’aune d’un langage et d’un savoir; les photographies retenues existent et vibrent d’une manière inédite, prises dans des effets de sens labyrinthiques où s’exacerbent ses propres pulsions.

La “carte blanche” que le photographe et l’écrivain se sont donnée en partage ne vise pas à éclairer ou rendre didactique un travail qui ne cesse depuis vingt ans de repousser l’inconnu de ses limites. “Ce n’est pas notre regard sur le monde qui importe, mais nos rapports les plus intimes avec celui-ci – composition, lumière, narration ne sont plus des questions fondamentales (…). Comment retranscrire une réalité alors qu’on ne relate que la somme de ses propres expériences?” écrit Antoine d’Agata, qui a depuis longtemps perverti les codes de l’acte photographique et vise peut-être à les abolir aux risques et périls d’une vie mise en jeu.

Extrait d’Agonie
« On ne peut que consentir. Mais le livre ne sera plus le même. Puisque La Chute c’est la vie qui l’a inscrite dans un corps, La Chute ne sera pas écrite – voire récrite en effaçant ce que l’on écrivit entre le 9 et le 13 décembre et les notes prises au cours des jours suivants. On fera donc, sans l’écrire, la chute du livre. Ce sera l’impossibilité d’écrire la chute qui permettra au livre de s’écrouler. Ce sera l’écroulement qui permettra de poursuivre l’écriture du livre, d’un autre livre. Comme une sorte de pli géologique, comme si c’était la charnière d’un pli parfois anticlinal parfois synclinal, on écrira la fracture, la fêlure. On inscrira ce temps du défaire dans le temps désoeuvré du faire. »