DANSE | CRITIQUE

After Parts

PCéline Piettre
@07 Oct 2010

Le week-end dernier, pour la présentation des diplômés de l’école de danse PARTS, les gradins du Théâtre de la Cité internationale étaient pleins à craquer ! Un succès à la hauteur d'un enseignement innovant, qui, quinze ans après sa création, n'a pas fini de faire parler de lui.

Têtes couronnées

La réputation de P.A.R.T.S n’est plus à faire. Depuis sa fondation en 1995 par la chorégraphe flamande Anne Teresa de Keersmaeker, l’école de danse contemporaine bruxelloise ne désemplit pas. La qualité et l’innovation de son enseignement font figures d’exemple. Le talent de ses diplômés est à la hauteur de celui de ses professeurs. En juin 2010, la Biennale de Venise va même jusqu’à lui décerner un Lion d’argent, récompense qui couronne habituellement un artiste prometteur…
Il faut dire que le «centre pédagogique» profite non seulement de l’aura de sa directrice − Anne Teresa toujours − mais encore du succès de deux de ses anciens élèves, Sidi Larbi Cherkaoui et Akram Khan, ces incontournable des planches européennes. De ses bancs, donc, ou plutôt de ses studios, sort la fine fleur de la danse belge et internationale. Une pépinière de jeunes chorégraphes qui fête aujourd’hui ses quinze ans, et dont le printemps précoce ne présage pas d’un court été, comme il coutume de le dire, mais de beaux fruits à venir.

Cadre privilégié et enseignement innovant

Si l’on s’en tient au rapport (élogieux) du jury de la Biennale de Venise, la spécificité de PARTS serait de proposer «un programme d’études complet et intensif où les techniques les plus récentes de la danse contemporaine dialoguent avec d’autres disciplines artistiques, comme le théâtre et la musique » et favorisent «la quête d’une identité artistique». En effet, nous n’aurions pas pu faire meilleure synthèse, la transdisciplinarité et l’incitation à l’autonomie sont indéniablement le duo gagnant de l’école. Mais il faut ajouter à cela l’excellence des professeurs ― Xavier Leroy, Johanne Saunier ou Bojana Cvejic pour n’en citer que quelques uns ―, un juste dosage entre pratique et théorie, et un environnement des plus privilégiés. Car outre la possibilité de bénéficier d’une bourse d’étude dans le cadre du réseau DEPARTS, les étudiants sont particulièrement choyés: studios spacieux et lumineux (ceux de la compagnie Rosas et de l’ensemble de musique ICTUS), nombre restreint d’élèves (cinquante au maximum, les deux cycles confondus) et nourriture macrobiotique !

Happy Birthday Parts!

Qui sont donc les heureux diplômés de cette non moins heureuse école? De fortes personnalités, tout d’abord, armées d’un bon niveau technique – l’audition d’entrée est réservée aux candidats de plus de 21 ans ayant déjà suivi trois ans de formation professionnelle en danse – et qui aiguisent, pendant ces quatre années d’apprentissage, au cours de deux cycles successifs d’entrainement et de perfectionnement, leur créativité.
Ceux qui étaient présents le week-end dernier au Théâtre de la Cité internationale, à l’occasion des quinze ans de l’école, proviennent de la cuvée 2010 et des promotions plus anciennes de 2007 et 2008. Parmi eux, on connaissait déjà Noé Soulier pour avoir gagné avec sa pièce Little Perceptions, en juin dernier, le concours Danse Elargie. Et aussi Daniel Linehan, que l’on avait pu voir au Théâtre de la Bastille en février 2010, et un an auparavant aux Rencontres choréphraphiques internationales de Seine-saint-Denis. Les autres, Guilherme Garrido, Tarek Halaby, Mikko Hyvönen ou Veli Lehtovaara, on les découvre avec plus ou moins d’enthousiasme… mais on reste inéluctablement bluffés par cette énergie et cette fraicheur, conséquences d’une émancipation réussie des carcans de l’enseignement académique. Bon anniversaire P.A.R.T.S et longue vie!