ART | EXPO

Afraid

11 Juin - 27 Juil 2003

Les sculptures de l’artiste hollandaise semblent être extensibles à l’infini pour mieux nous pénétrer ou être pénétrées. Ses rapports à la mode, à la pornographie et à l’art éprouvent le regard de l’homme sur la femme comme du visiteur sur l’exposition.

Madeleine Berkhemer
Afraid

Lorsque vous entrez dans l’espace d’exposition pour voir une installation de Madeleine Berkhemer, votre mémoire catapulte les œuvres informes des 1960 dans les filets de Kronenberg et atterrissent dans les cours de Science Naturelles, option vivisection.
Car les sculptures de cette jeune hollandaise (née en 1973) semblent être extensibles à l’infini pour mieux vous pénétrer ou être pénétrées. L’utilisation du nylon sous forme de collants ou de bas déchirés confère a ce travail un aspect fétichiste et sexy que l’on retrouve dans ses collages issus de magazines pornos, comme dans les personnages de Milly, Molly, Mandy. Habillée selon leur qualité, Madeleine Berkhemer y incarne trois stéréotypes féminins: la naïve, la «hardeuse» et la bourgeoise matérialiste. Ces femmes, aux tenues légères, ont la particularité de parasiter les expositions dans lesquelles elles se trouvent par le voyeurisme qu’elles engendrent.