ART | EXPO

Adel Abidin

08 Oct - 03 Déc 2011
Vernissage le 08 Oct 2011

L’approche de l’oeuvre d'Aden Abidin dans son univers très singulier dévoile un langage teinté d’humour et d’ironie. L’artiste nous raconte une histoire mais ne nous divulgue pas la totalité de son contenu. Son art se veut le reflet de sa personnalité : mystérieuse et secrète.

Adel Abidin

Le Wharf, Centre d’art contemporain de Basse-Normandie et le festival les Boréales présentent l’exposition d’Adel Abidin, artiste irako-finlandais. L’approche de l’oeuvre dans son univers très singulier dévoile un langage teinté d’humour et d’ironie. L’artiste nous raconte une histoire mais ne nous divulgue pas la totalité de son contenu. Son art se veut le reflet de sa personnalité: mystérieuse et secrète. En effet, il détourne les codes, les camoufles, ou les crie dans un silence assourdissant…

Et il convie le spectateur à déceler la trame de ce silence. Adel Abidin a participé à plusieurs foires, biennales et expositions. En 2007, il a représenté la Finlande à la Biennale de Venise, en exposant une vidéo installation «Abidin Travels» (www.abidintravels.com), une fausse agence de voyage qui propose des séjours à Baghdad. Cet évènement d’envergure, lui a valu la notoriété internationale et le succès. Cette année, il représente l’Irak à la 54ème édition de la Biennale de Venise. Il y présente une installation vidéo, Consumption of War, également montrée dans cette exposition.

Consumption of War
explore la crise environnementale et la culture du spectateur à travers la participation des corps, des organismes. Aujourd’hui, des entités de sociétés globalisées encouragent la consommation à très grande échelle pour un bénéfice maximal, méconnaissant les quantités obscènes d’eau nécessaire afin de produire «des nécessités» comme une paire de Jeans ou une tasse de café. En Irak, des compagnies majeures ont signé la plus grande histoire d’affaires d’exploration pétrolière gratuite de l’histoire. Alors que chaque baril de pétrole extrait exige 1,5 baril d’eau, 1 citoyen sur 4 n’a pas accès à l’eau potable.
Dans une entreprise, deux hommes dans une bataille enfantine inspirée par La guerre des étoiles utilisent des lumières fluorescentes comme épées. Chaque lumière est consommée jusqu’à ce que la pièce s’obscurcisse et marque la brusque fin du combat. En alternant entre luxuriant et sec, attractif et insensé, ceci est un paysage de fausses promesses évoquant la limite du pouvoir.

Adel Abidin présente plusieurs vidéos dans lesquelles il aborde divers thèmes dont l’enfance avec Une souris verte /Green Mouse.
Il y a une contine française très connue qui s’appelle Une souris verte. Cette chanson parle d’un enfant qui trouve une petite souris, l’apporte à un adulte qui la met dans de l’eau bouillante pour que la souris se transforme en escargot. J’ai fait ce film court en adaptant le concept terroriste de la chanson dans notre vie quotidienne et la nouvelle mode de menace auquel nous devons tous faire face.

il aborde également l’identité et la mémoire, avec Memorial.
Ce travail est une fiction basée sur un événement dont Adel Abidin a été le témoin: j’avais 17 ans le troisième jour du bombardement de Baghdad en 1991. Ce jour-là j’ai entendu dire que les soldats américains avaient bombardé le pont Al-Jumhuriyya, un de mes ponts préférés, situé au coeur de la ville de Bagdad et reliant les deux rives du Tigre. Quand j’ai entendu cette nouvelle, je n’ai pas su comment réagir. Le jour suivant, j’ai pris mon vélo pour voir si ce que j’avais entendu était vrai. Lorsque je me suis approché du pont, j’ai vu une scène des plus étonnantes: Le pont avait été détruit en deux endroits. Sur un morceau du pont tombé reposait une vache morte. Ma peine pour ce pont a été mise de côté alors que cette vache occupait mon esprit. Il était très inhabituel de voir une vache dans le centre ville de Baghdad. J’ai commencé à faire des scénarios différents dans ma tête au sujet de cette pauvre vache morte et pourquoi elle était là en premier lieu. Dernièrement, j’ai réfléchi à notre besoin de nous rassembler, de se sentir connecté à quelqu’un de façon à ne pas se sentir seul. Cela m’a fait penser aux vaches qui sont des animaux sociables. Celle-ci, d’où venait-elle? Pourquoi était-elle seule ? Cette oeuvre est un mémorial à cette vache.