DANSE | SPECTACLE

Ad noctum

24 Mar - 25 Mar 2017

Le Pavillon noir, Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence, présente Ad noctum de Christian Rizzo, un spectacle mettant en scène des danses de couples. Ad noctum retrace l'histoire de ces pratiques, et rend hommage à l'obscurité, dont naissent les gestes des interprètes.

Pièce créée en 2015, Ad noctum poursuit le travail entrepris avec D’après une histoire vraie, Christian Rizzo entendant faire une histoire des danses populaires. Si D’après une histoire vraie (2013) s’inspirait d’une danse masculine collective turque, Ad noctum s’attache à la danse de couple. Trouvant son origine dans un tango « appris par cœur et désossé », Ad noctum laisse notamment apparaître des esquisses de valse et de menuet, ne semblant retenir que l’essence même de chaque danse surgit de l’obscurité. Car l’essentiel, indique le titre du spectacle, ne peut se donner à voir sur scène que furtivement.

Ad noctum : un duo sophistiqué  

Certes, Ad noctum est un nouveau moment dans le projet général de Christian Rizzo consistant à retracer des formes de danse populaires qui, parfois même, sont marquées par l’anonymat. Mais cette pièce, confie-t-il, «est avant tout mon envie de réunir Julie Guibert et Kerem Gelebek, interprètes emblématiques de mes créations.»

Reconnaissance avouée du chorégraphe à l’endroit de ses danseurs, Ad noctum met en scène des danses de couples en embrassant tout à la fois gestuelle, jeux de lumières, et musique. Car le spectacle semble laisser sur scène une part égale à ces trois protagonistes que sont danseurs, lumières, et sons.

Ad noctum

Dans Ad noctum, toutes les séquences dansées semblent naître de l’obscurité. Le duo de danseurs apparaît et disparaît ainsi, le regard du spectateur s’égarant un instant dans le noir. Entre apparition et disparition, les interprètes nous livre les mouvements essentiels de chaque danse de couple. L’histoire d’une danse succède alors à une autre, de manière en quelque sorte furtive. Et l’impression de furtivité ressentie est renforcée par la lumière froide projetée sur le plateau par des néons.

Le troisième interprète de ce spectacle est un imposant monolithe qui émet alternativement ou simultanément des effets lumineux et sonores. Dans cette installation, semblent s’animer des silhouettes dansantes. Délaissant la relation charnelle du couple, dont les membres se rejoignent et s’éloignent, Christian Rizzo privilégie la projection électrique d’un fantôme, et renoue en quelque sorte avec l’esprit de sa première pièce, 100% Polyester, où des robes animées par un système de ventilation, dansaient.