ART | EXPO

Accurate Figure

25 Avr - 15 Juin 2013
Vernissage le 25 Avr 2013

Venu à la sculpture par la conjonction du land-art et de l’action éphémère, Tony Cragg continue à déployer des trésors d’invention plastique. Il se veut «matérialiste» au sens où l’exploration d’une palette élargie de matériaux est au cœur de son travail. L’exposition réunit quinze nouvelles sculptures en acier, en bronze, en bois et en pierre.

Tony Cragg
Accurate Figure

L’exposition réunit quinze nouvelles sculptures en acier, en bronze, en bois et en pierre, juste avant la présentation d’un ensemble d’œuvres monumentales de Tony Cragg au Musée d’art moderne de Saint-Étienne Métropole, durant tout l’été 2013.

Venu à la sculpture par la conjonction du land-art et de l’action éphémère, Tony Cragg continue à déployer des trésors d’invention plastique. Il se veut «matérialiste» au sens où l’exploration d’une palette élargie de matériaux est au cœur de son travail. Les objets récupérés ou les déchets industriels, empilés, entassés, amoncelés, se prêtent soudain à des interprétations imprévues. Dans ses œuvres récentes, il privilégie l’acier, le bronze et le bois pour créer des accumulations de strates presque géologiques.

Les têtes et les visages constituent depuis, des leitmotive de son œuvre sculptée. Ils surgissent au détour d’un mouvement de spirale puissamment rythmé. Les strates et volutes donnent naissance à des paysages corporels en délimitant des pleins et des vides dans un jeu de positif-négatif. Tony Cragg façonne des «sédiments artistiques provenant apparemment de strates temporelles de différentes ères» (Eva Maria Stadler, dans Tony Cragg-F.X. Messerschmidt, cat. exp. Vienne, Museum Belvedere, 2008.) et les formes ainsi créées s’empilent en totems surréalistes.

L’étirement horizontal des éléments biomorphes rappelle les procédés employés par les futuristes italiens Umberto Boccioni et Giacomo Balla pour suggérer la sensation de vitesse, tandis que l’élan vertical des sculptures érigées en colonnes font songer à Constantin Brancusi, qui utilisait lui aussi un vocabulaire abstrait pour mieux simplifier les formes de la nature. Car les configurations de la nature dans toutes leurs dimensions, du plus petit au plus grand, restent le thème dominant des œuvres de Tony Cragg depuis une dizaine d’années.

Sa quête incessante de formes inédites, mêlant les composants biomorphes aux références technico-mécaniques, correspond à une conception de l’art énoncée par un autre sculpteur, Raymond Duchamp-Villon en 1911: «Les arts n’ont point pour but unique la description, ni l’imitation. Ils créent des êtres inconnus avec des éléments présents toujours mais non apparents.» (Note manuscrite de Raymond Duchamp-Villon, transcrite par Marie-Noëlle Pradel dans sa thèse d’études supérieures à l’École du Louvre (1960), reproduite dans Raymond Duchamp-Villon, cat. exp., Rouen, Musée des beaux-arts, 1976, p. 16.)