ART | EXPO

Abeille, ancre, chameau, coeur, étoile…

14 Mai - 24 Sep 2015
Vernissage le 17 Mai 2015

Suite à une résidence réalisée au sein de la dernière tuilerie marseillaise, Arnaud Vasseux investit les espaces du container du Centre Richebois. Les œuvres exposées prolongent un travail sur la mémoire des tuileries du bassin de Séon. En regard de son travail, il présente également une partie de l’enquête réalisée par les élèves de l’Ecole Estaque Gare.

Arnaud Vasseux
Abeille, ancre, chameau, cœur, étoile…

Cette exposition s’inscrit dans la suite des recherches réalisées par Arnaud Vasseux lors de sa résidence dans la tuilerie Monier, dernière d’une industrie qui fut la plus importante de l’histoire de Marseille. Dans le Bassin de Séon, situé dans les quartiers nord de la ville, comprenant l’Estaque, St-Henri et St-André, étaient implantées plusieurs tuileries parmi les plus importantes: Guichard et Carvin, Roux Frères, Etienne Arnaud, Martin Frères, Saumati Frères, Régali, Pierre et Antoine Sacoman.
L’exposition «Abeille, ancre, chameau, cœur, étoile…» rassemble des éléments liés à cette histoire paradoxalement méconnue des habitants de Marseille.

La sérigraphie Creux de Séon (2014) reproduit une photographie d’archive issue du fonds documentaire du musée d’Histoire de Marseille; elle est imprimée à l’ocre rouge, un pigment minéral naturel très présent dans l’argile. Le choix de cette image d’archive permet de pointer cette part méconnue de l’histoire des quartiers nord, celle de ses tuileries et de sa culture ouvrière. Représenter le lieu d’extraction d’un matériau est aussi une façon de questionner sa propre pratique artistique. Avec quoi travaille t-on? D’où cela vient-il? Comment est-ce produit? Quelle est l’histoire d’un matériau ? Quels sont les liens de ce matériau à l’histoire des sociétés humaines?

Quant à la seconde sérigraphie Ecaille, elle a été réalisée en 2015 à partir du même fonds d’archives photographiques du musée d’Histoire de Marseille. Elle représente, en négatif, la fameuse tuile plate qui fut à l’origine du succès et du développement des tuileries du Bassin de Séon. Par sa forme autant que sa surface couvrante, elle était plus simple à fabriquer, à stocker et à transporter. Elle servait également de lest pour les bateaux qui repartaient à vide du port de Marseille.

Le deuxième container réunit à l’intérieur de deux vitrines un ensemble de fragments de tuiles et carreaux trouvés à l’Estaque en 2013 par les enfants d’une classe de CM2 de l’école Estaque gare.

Les marques (2015) présente dans deux vitrines tous les tessons de tuiles qui ont été collectés à même le sol dans différents lieux du Bassin de Séon. Deux collections sont mêlées afin de montrer les marques (ou les estampilles) que l’on retrouve fréquemment dans ce secteur aujourd’hui encore. Une de ces marques survit aujourd’hui sur les tuiles utilisées dans le sud de la France, c’est l’abeille, l’estampille de l’usine Guichard & Carvin qui était située au même endroit que l’actuelle usine Monier.