ART | CRITIQUE

À usages uniques

PSabrina Remadna
@12 Jan 2008

À usages uniques-2: autour d’un grand juke-box trônant au centre de la salle de Public, une installation conçue par la plasticien sonore Vincent Epplay, se sont succédées dans le mois une série d’interventions de danseurs, performers et musiciens.

Une série d’interventions de danseurs, performers et musiciens, intitulée À usages uniques-2, s’est déroulée durant le mois de juin dans l’espace de Public.
À cette occasion, les vitres ont été entièrement recouvertes de papier bleu pour couper le lieu de l’extérieur, le rendre plus intimiste, mieux adapté à l’écoute. À usages uniques s’organise à partir d’une installation constituée d’un ensemble de dispositifs d’écoute et de diffusion sonore, notamment un juke-box et des cabines. La scénographie est due à Vincent Epplay, mais le choix des artistes s’est opéré avec Chloé Fabre.

Plasticien sonore, Vincent Epplay réalise des œuvres sonores et électroniques dans lesquelles il interroge les rapports entre le son et l’image, le contexte de la diffusion (durée et lieu), et la place des spectateurs. Ses productions sont conçues pour le Web, le CD-ROM, ou pour des installations-environnements dans le cadre d’expositions. Elles associent parfois d’autres partenaires — musiciens, vidéastes, etc. Une intervention récente concernait des annonces à caractère non informatif : dans la station de métro Stalingrad, une voix suave parlait aux usagers de la pluie et du beau temps… Une manière d’ironiser sur le degré zéro de la conversation .

À Public, un grand juke-box, trônant au centre de la salle, renferme des chansons composées par Vincent Epplay. Les spectateurs peuvent écouter des musiques de leur choix dans les cabines installées de part et d’autre de la pièce.

Lors d’une performance chorégraphique et plastique (9 juin), Mathieu Doze a peint au sol des signes géométriques noirs, sorte d’écriture tribale, traduction graphique d’un mouvement chorégraphique. Le langage du corps transformé en langage écrit, mais indécodable parce que fait de signes inventés, abstraits comme les sons qui l’accompagnent. Le mouvement s’est effectué au son d’un remix de morceaux retravaillés par Vincent Epplay.

Tous les artistes se sont s’inspiré de l’univers musical de Vincent Epplay. Le concert de Joana Preiss (8 juin) reposait sur plusieurs de ses chansons, tandis que Xavier Boussiron (20 juin) a joué de la guitare électrique en direct à partir de morceaux qu’il avait choisis dans le juke-box. Les sons se mélangeaient de façon vibrante et chaotique, avec un côté décalé très trans-rock. Chaque performance durait de trente à quarante minutes.