ART | EXPO

A mots couverts

17 Jan - 08 Fév 2008
Vernissage le 17 Fév 2008

A l’aide d’un crayon Nero, Alain Lestié pose sur le papier, en une variation subtile de teintes du noir au blanc, de nuances de gris et de finesse  du trait, ses interrogations d’artiste et plonge le spectateur dans un univers inquiétant.

Alain Lestié

A mots couverts

Dans les années soixante, Alain Lestié pouvait être considéré comme un peintre de la figuration critique, s’interrogeant sur l’avenir même de la peinture qui, pour beaucoup à l’époque, semblait destinée à disparaître. L’exposition qu’il nous propose aujourd’hui, intitulée A mots couverts, témoigne du chemin parcouru par cet artiste atypique qui s’exprime avec une dextérité extraordinaire au moyen du seul crayon Nero.

Une austérité de moyens techniques qui contraste avec la variation infinie de teintes du noir au blanc présente dans ses dessins. Issue de secours, après la nuit, heures noires, interruption, dernier horizons… voilà quelques titres des œuvres exposées. Juste après le tout premier coup d’oeil qui pourrait, par réflexe, faire penser à de la photographie, les dimensions et les formats des dessins (170 X 50 cm), la palette infinie des nuances de gris et la finesse du trait plongent le spectateur dans une atmosphère intense, un univers particulier chargé des interrogations de l’artiste. Grillages inquiétants, clairs obscurs saisissants, arc-en-ciel du noir au gris, angles et triangles construits, déchirure recousue…

La variété des dessins est infinie au gré des rêves de l’artiste qui ne sont pas sans rappeler, en beaucoup plus sophistiqués, quelques univers virtuels qui hantent nos écrans.

Alain Lestié ne se contente pas de dessiner. Ses écrits sur l’art et sur la culture prolongent ses dessins avec une acuité du regard et une distance par rapport à l’agitation culturo-médiatique au moyen d’une sévérité sans concession. Une écriture substrat de cette exposition, recouverte par la cendre argentée de ses coups de crayons lumineux. Des images fortes dont la substance s’imprime dans nos mémoires comme sur une pellicule argentique.

Un grand peintre…