ART | EXPO

A Midsummer Night’s Dream (after Mendelssohn)

26 Avr - 07 Juin 2014
Vernissage le 26 Avr 2014

Les œuvres présentées ici sont le fruit d'une réflexion autour de la pièce de Shakespeare, Le Songe d'une nuit d'été et de la musique de scène du compositeur Felix Mendelssohn. Elles découlent d’un travail avec un groupe d'étudiants du Bronx: K.O.S. (Kids of Survival) qui vise à confronter les classiques de la littérature avec la culture de la rue.

Tim Rollins & K.O.S.
A Midsummer Night’s Dream (after Mendelssohn)

En 1984, Tim Rollins crée le Art and Knowledge Workshop avec un groupe d’étudiants du Bronx: K.O.S. (Kids of Survival). Il y développe une méthode pédagogique qui consiste à confronter les classiques de la littérature avec la culture de la rue. Cette approche socio-politique de l’éducation et de l’art a permis d’établir un véritable langage pictural où peintures et dessins s’intègrent aux pages de livres de grands auteurs tels que William Shakespeare ou George Orwell.

Les nouvelles œuvres présentées pour cette exposition sont le fruit d’une réflexion autour de la pièce de Shakespeare, Le Songe d’une nuit d’été et de la musique de scène imaginée pour cette comédie par le compositeur Felix Mendelssohn.

Voici les notes de Tim Rollins sur la genèse de ces œuvres:
«En 1998, le musée de l’Université d’Albany à New York, organise une rétrospective: «Tim Rollins & K.O.S.: Twenty Years of Art and Teaching». Cette exposition coïncidait avec le fameux Shakespeare Semester de l’université: les travaux du grand poète occupait l’attention de l’ensemble du campus. Les commissaires d’exposition du musée m’ont ainsi proposé de diriger un workshop sur l’œuvre de Shakespeare avec les jeunes de l’école. C’était au départ un véritable défi. Quel texte choisir? Quel thème? Quel motif? Désespéré, je suis alors tombé sur un livre qui citait les plus célèbres répliques issues des pièces du célèbre dramaturge. J’ai été immédiatement bouleversé par l’une d’entre elles: un monologue de Thésée, duc d’Athènes (Le Songe d’une nuit d’été), qui selon moi est, dans la langue anglaise, la plus belle définition de ce qu’est la création artistique.
«[…] et comme l’imagination donne un corps aux objets inconnus,
la plume du poète leur imprime de même des formes,
et assigne à un fantôme aérien une demeure et un nom particulier»

J’ai donc commencé à faire des recherches sur la pièce. Je l’ai lu. Mais toujours pas d’idée. Puis je suis tombé sur la version de Peter Hall datant 1968 avec Helen Mirren, Diana Rigg, Judy Dench, Ian Holmes entre autres. El là, la révélation … Puck…. et ses fleurs. Puck, qui aime transformer les choses juste par pur plaisir, me rappelle tellement les jeunes avec qui je travaillais dans le Bronx et qui maintenant se sont dispersés aux quatre coins du monde.

Et la fleur: un motif simple mais profond et … historique. J’ai proposé le sujet aux élèves d’Albany et nous avons exploré le thème de la fleur utilisé si souvent en histoire de l’art pour essayer de créer les nôtres. Avec les douze enfants d’Albany, nous avons donc étudié les fleurs de Manet, Monet, Nolde, Warhol, et bien d’autres. Nous avons fait quelques dessins mais ce n’était pas satisfaisant. Alors que j’achetais de l’aquarelle, je suis tombé sur un rouleau de cet étrange papier Thai Mulberry (semblable au papier mûrier) en solde. Pourquoi ne pas essayer? De retour à l’atelier, nous avons découvert à quel point l’aquarelle interagissait avec le papier — rappelant les techniques de John Cage — les fleurs apparaissaient d’elles-mêmes. Nous étions terriblement enthousiastes quant au résultat immédiat et évident de cette improvisation.

Puis nous avons aussi ajouté du jus de fruit. Le Songe d’une nuit d’été faisant référence si souvent au Nouveau Testament, nous avons aussi utilisé des graines de moutarde comme métaphore de la Foi. (Dans le Nouveau Testament, l’arbre a une signification symbolique: le royaume des cieux est semblable à une graine de moutarde qui pousse si haut qu’elle finit par ressembler à un arbre. L’image de l’arbre est utilisée, à plusieurs reprises, pour définir le comportement ou les sentiments de l’homme.)

Le résultat était à la fois étrange et magnifique, sans erreur. Après avoir découpé nos fleurs, que nous appelons «éléments», nous les avons collées sur des pages extraites d’une très belle édition de la pièce. De retour à l’atelier avec les K.O.S., nous avons retravaillé ce même procédé mais sur un format plus grand, en utilisant cette fois les pages de la partition de la musique composé par Felix Mendelssohn pour la pièce. Cela a amené plus tard à d’autres workshops organisés avec des jeunes venus des quatre coins de New York, des Etats-Unis et d’Europe afin d’inclure la jeunesse internationale à la création de rêves visuels… des rêves qui n’ont pas de fin.»