ART | EXPO

A l’ombre d’un doute

08 Mai - 29 Août 2010
Vernissage le 07 Mai 2010

"À l’ombre d’un doute", tout autour et aux alentours, morceaux choisis d’une collection qui se refuse d’ordinaire au charme discret de la monstration. Ces pièces récemment acquises muent l’institution en un espace d'expérimentation, un champ ouvert à toutes formes de manoeuvres et d'opérations critiques.

Ignasi Aballí, Nina Beier et Marie Lund, Manon de Boer, Monica Bonvicini, Décosterd et Rahm, Dector et Dupuy, Edith Dekyndt…
A l’ombre d’un doute

Les oeuvres réunies pour cette exposition se présentent sous la forme d’une déambulation à travers des sphères imaginaires divisant le monde entre le matériel et l’immatériel, la réalité et sa mise en fiction.

Suivant une écriture scénaristique savamment orchestrée, ce parcours met en avant les relations complexes entre corps, oeuvres d’art et espace muséal (jeu d’attirance, de crainte, de séduction) et dissout les frontières troubles entre le discours et sa croyance.

En détectant les mécanismes psychologiques de réception et d’assimilation liés à l’intensité des sensations corporelles réelles et fictives (Décosterd et Rahm, M. Bonvicini ou A. V. Janssens), elles proposent des expériences auto-performatives pour le visiteur devenu acteur de cette histoire éphémère.

Aux côtés de ces expériences intenses, la visibilité subtile des pièces de K. Sander, E. Dekyndt et C. McCorkle balisent un territoire autonome et infini, une sorte de cartographie du désir au sens deleuzien.

Viennent s’ajouter des interventions exclusivement orales (I. Wilson, Beier & Lund, Dector & Dupuy) qui posent la question historique de la transmission du savoir et de sa véracité dans les arts visuels et performatifs.

Enfin, autre pivot de réflexion, celui du retour du refoulé, du caché, lié à la notion d’intimité mise en danger dans nos sociétés (M. de Boer). On cherche à tout voir, jusqu’à la transparence selon G. Wajcman, psychanalyste invité en juin au Frac.

Plusieurs artistes (D. Garcia, Art erroriste, T. Mouraud) questionnent ainsi les liens entre le voir (vidéosurveillance) et le pouvoir et les implications de cette omniprésence du regard. Regard voyeur et tentation exhibitionniste, l’incitation à la perversion n’est pas loin.

Conçue comme une sorte de manifeste à l’impossibilité de matérialiser la pensée en objet, À l’ombre d’un doute envisage l’exposition comme un protocole d’expériences permettant la rencontre d’oeuvres en action et en «ré-action». Force de vie est rendue aux oeuvres.

Artistes présentés:
Ignasi Aballí, Nina Beier & Marie Lund, Manon de Boer, Monica Bonvicini, Décosterd & Rahm, Dector & Dupuy, Edith Dekyndt, Susanna Fritscher, Dora García, Thierry Hesse, Ann Veronica Janssens, Jirí Kovanda, Isabelle Krieg, Corey McCorkle, Tania Mouraud, Nik Thoenen et Maia Gusberti, Mario Garcia Torres, Karin Sander, Ian Wilson