ART | EXPO

A dos de cheval avec le peintre

06 Juin - 24 Août 2014
Vernissage le 05 Juin 2014

Guillaume Leblon propose des structures en apparence rudimentaires qui modifient la perception du temps et de l’espace. Pensée par l’artiste comme une promenade, cette exposition défie la rigidité des espaces de l’IAC pour créer une circulation fluide. L’artiste élabore ici un nouveau paysage qui privilégie un rapport poétique à l’espace et au monde.

Guillaume Leblon
A dos de cheval avec le peintre

Après l’avoir associé à différentes expositions collectives («Fabricateurs d’espaces», 2008; «1966-79», 2013), l’IAC invite Guillaume Leblon à réaliser une importante exposition monographique.

Dans un vocabulaire visuel riche et intuitif, Guillaume Leblon propose des structures en apparence rudimentaires qui modifient la perception du temps et de l’espace. Mis en valeur dans leurs potentialités physiques, les formes et matériaux travaillés par l’artiste semblent s’imprégner du passage du temps dans sa dimension atmosphérique autant que mémoriale. Inscrites dans les œuvres, l’intervention de la «main» de l’artiste, l’importance qu’il accorde au «faire» dans une acception large — se déplacer, bricoler, mouler, agglomérer, enfouir… — donnent à la sculpture de Guillaume Leblon une énergie vitale et une possibilité de narration.

«À dos de cheval avec le peintre» est une exposition pensée par l’artiste comme une promenade. Ce titre polyphonique, élégant et libre, convoque des paysages à parcourir, un cheminement cadencé et un regard éclairé, toutes choses qui habitent, en arrière-plan, le travail de Guillaume Leblon.
L’artiste investit totalement l’espace de l’IAC, espace contraint dont il défie la rigidité, la symétrie, le cloisonnement, dans l’idée de créer une circulation fluide, un mouvement circulaire. Ainsi, dans l’exposition de Guillaume Leblon, le centre n’est pas le centre, l’extérieur est à l’intérieur, les masses n’ont pas de corps tandis que les surfaces se densifient et les œuvres traversent les murs, ou infiltrent les sols.

Le rapport sensible de l’artiste aux éléments et au passage du temps imprègne les œuvres et incarne les matériaux, induisant pour chacun une appropriation subjective.
L’espace d’exposition «vit» et se transforme, il suinte, il respire, il se sédimente; ce qui est à voir n’est pas toujours ce que l’on voit, dans le sens où il s’agit pour l’artiste de mettre en mouvement le travail et le regard, d’inscrire l’idée de passage dans la conception même de l’œuvre.
Cette instabilité fondatrice n’empêche pas, bien au contraire, un soin extrême apporté à l’agencement des pièces, à la compréhension des matériaux, au sens des gestes, au traitement de la lumière, au langage des formes.

Dans l’exposition de Guillaume Leblon, le visiteur marche sur une œuvre, sort de l’Institut pour parcourir l’exposition, franchit des passerelles. Il se laisse méduser par des formes en latence, devine des objets enfouis dans la matière, se souvient d’une visite d’un mastaba ou construit un récit à partir de fragments.

Résistant au discours simplificateur autant qu’à l’enfermement des formes, Guillaume Leblon élabore un nouveau paysage de sculpteur qui privilégie un rapport poétique à l’espace et au monde — une relation active, mobile, ouverte, où les questions du temps, de l’absence, de la mémoire, sont renouvelées par les œuvres récentes de l’artiste, non pas tant inscrites dans le registre du geste, comme les œuvres antérieures, qu’issues d’opérations de collages d’éléments; une nouvelle famille d’œuvres où surgissent parfois les figures humaines et animales.

Commissariat
Nathalie Ergino
Assistée de Magalie Meunier

Vernissage
Jeudi 5 juin 2014 à 18h30

critique

A dos de cheval avec le peintre