ART | EXPO

À Bâmiyân

14 Oct - 19 Nov 2017
Vernissage le 14 Oct 2017

L’exposition « À Bâmiyân » à la galerie parisienne Eric Dupont réunit les œuvres les plus récentes de Pascal Convert. Des photographies, des sculptures et un film hantés par la notion d’absence, une absence dont l’intensité est aussi forte que celle d’une présence.

L’exposition « À Bâmiyân » à la galerie Eric Dupont, à Paris, rassemble les dernières œuvres de Pascal Convert : des photographies, des sculptures et un film dont le fil rouge est l’absence.

Pascal Convert explore l’absence

Le titre de l’exposition, « À Bâmiyân », synthétise le propos qui traverse toutes les dernières œuvres de Pascal Convert. Ce titre évoque la ville afghane de Bâmiyân, tristement célèbre pour ses bouddhas géants qui étaient sculptés dans une falaise et que les Talibans ont détruits en 2001, suite à la promulgation d’un édit condamnant les idoles.

Si cette destruction, comme celle ensuite des sculptures préislamiques par les djihadistes en Syrie, en Irak, résulte d’une volonté d’effacer toute trace du passé, toute histoire et toute mémoire, elle ne peut parvenir à annihiler complètement l’existence des bouddhas. Car détruire des pierres ne suffit pas pour détruire une sculpture : il demeure toujours une ombre portée des œuvres, et dans le cas des bouddhas de Bâmiyân, les trous qui désormais parsèment la falaise semblent autant de bouches ouvertes qui crient leur douleur.

À Bâmiyân, des bouddhas figures d’une absence qui résiste

C’est cette absence pleine de présence qui hante chaque nouvelle œuvre de Pascal Convert, une absence qui résiste, la présence en négatif d’éléments que l’on ne peut véritablement effacer et qui s’imposent à nous dans une bouleversante et intense absence, aussi précise que leur existence. La sculpture en céramique émaillée blanche Portrait de jeune homme en Saint-Denis ouvre l’exposition. Elle représente un saint décapité qui se relevant, ramasse sa tête et se dirige vers le lieu où il souhaite être inhumé, dans une attitude sereine défiant les iconoclastes.

Le film Les enfants de Bâmiyân, réalisé en 2017, montre des enfants nés au pied de la falaise, dans les anciennes cavernes creusées par des moines bouddhistes désormais transformées en habitations. Ces descendants des soldats de Gengis Khan sont aujourd’hui rejetés et discriminés par d’autres ethnies. La caméra de Pascal Convert saisit les rires des enfants, qui résonnent dans le fossile vivant qu’est la falaise de Bâmiyân.

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