PHOTO | EXPO

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24 Jan - 13 Avr 2013
Vernissage le 24 Jan 2013

Depuis 2011, l’Artothèque de Pessac travaille régulièrement avec la Maison d’arrêt de Gradignan. Elle a souhaité poursuivre la réflexion engagée autour de ce projet en accueillant trois photographes ayant mené des projets artistiques sur le milieu carcéral.


Jean-Christophe Garcia, Christophe Goussard, Mathieu Pernot
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Loin des stéréotypes, Jean-Christophe Garcia, Christophe Goussard et Mathieu Pernot éprouvent de façon subtile et intimiste la banale et terrible réalité de l’univers carcéral, où se côtoient détenus, familles, surveillants …

Dans ce parti-pris de distanciation, ces trois photographes placent le spectateur face à sa lecture subjective des images.

— Une Prison dans la cité
de Jean-Christophe Garcia
«Une Prison dans la cité comporte à l’heure actuelle 3 volets: l’exposition de photographies « Une Prison dans la cité », un livre N° D’ECROU 1926, et un court film C’est la LOI, Henri.

Même si la forme des photographies réalisées les rend potentiellement documentaires, celles-ci ne renvoient tout au plus qu’à quelques aspects saillants du monde carcéral.

La question de la réalisation d’un tel projet rejoint celle des modes de description, d’énonciation et l’élaboration d’un choix formel qui va avec. Elle est l’axe d’un projet à long terme qui n’a pas pour intention de représenter analogiquement le réel du monde, qui ne révèle pas sa signification mais son épreuve.

La signification de mes photographies reste latente, le travail de signification étant laissé aux spectateurs, à chacun d’eux.» (Jean-Christophe Garcia)

— Chambres obscures… de Christophe Goussard
A partir des prises de vues et captations sonores réalisées au cours de l’année 2008, Christophe Goussard, photographe, et Eugène Lampion, preneur de son et musicien, restituent les ambiances de la vie quotidienne des prisons de Lyon avant leurs déménagements.

Ce projet est initié par les personnels des Prisons de Lyon et accompagné par la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Rhône-Alpes/Auvergne, en vue de conserver la mémoire des sites de Saint-Paul, Saint-Joseph et Montluc.

— Les Hurleurs de Mathieu Pernot
«Il y a de la cohérence entre une société qui conçoit les lieux carcéraux pour voir sans être vu et la conception tour à tour “hygiénique” et décorative de l’espace public: des cours, des couloirs, des portes de cellules, des grilles, pour un “Panoptique” explorant l’organisation de la prison après une lecture sérieuse du Surveiller et Punir de Michel Foucault.

Les deux se rencontrent quand les “Hurleurs”, en couleurs, tentent de communiquer à partir de l’extérieur de la prison avec des membres de leur famille incarcérés.

Tout cela, sans aucun effet de style, sans aucun bavardage, sans image inutile, dans le choix d’axes directs qui revendiquent le style documentaire le plus pur et le plus contemporain.

En évitant de se laisser aller à des modalités tapageuses de la dénonciation, en s’en tenant au constat de ce qui fut, Mathieu Pernot dresse un réquisitoire terrible et exemplaire.

Ce faisant, il affirme l’efficacité, aujourd’hui, d’une photographie acceptée d’abord comme document et désigne implicitement les dérives séduisantes et finalement vaines de certaines approches contemporaines.

Chez lui, avant la photographie, il y a toujours une analyse précise, une pensée à l’œuvre et qu’il met en pratique pour la rendre lisible. Dans la Grèce antique politikos s’appliquait à tout ce qui concernait la vie de la cité. C’est en ce sens -et en incluant la question de la fonction des images à l’analyse globale- que la photographie de Mathieu Pernot est, vraiment, politique». (Christian Caujolle)

Un programme de vidéos, de textes, d’enregistrements sonores – en collaboration notamment avec Fred Léal et Eugène Lampion – ainsi qu’une conférence et une projection prolongeront cette exposition.

Projection au cinéma Jean Eustache
Vendredi 8 février 2013, en soirée

Conférence à la médiathèque Jacques Ellul: Les Projets artistiques en milieu carcéral
Mardi 19 mars 2013 à 20h